Sélection à l’entrée du master : l’UNEF dénonce le coup de force de la CPU et du Ministère

A l’occasion de la séance plénière du CNESER du lundi 16 avril, le projet de sélection des étudiants à l’entrée du master a fait un retour inattendu et inacceptable au cours des débats sur le projet d’arrêté master.

Sur proposition de la Conférence de Présidents d’Université (CPU), un amendement permettant la sélection en M1 a été soumis au vote. Loin de prendre ses distances avec une telle proposition, la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur (DGES) a confirmé en séance que la rédaction de l’article 11 portant sur les conditions d’admission n’était toujours pas tranchée.

Pourtant, le 15 décembre 2006, suite à une campagne massive de pétitions auprès des étudiants ainsi qu’au vote de motions par plusieurs conseils d’administration d’universités, les Ministres Gilles de Robien et François Goulard avaient annoncé leur volonté de « ne pas instaurer de sélection après la licence », car « un tel principe serait contraire à l’esprit de la loi de 1984 que le gouvernement n’entend pas modifier ». A l’occasion du CNESER du 18 décembre 2006, la DGES avait même confirmé qu’en vertu de cette annonce faite par les ministres, la discussion sur la révision de l’arrêté Master ne porterait plus sur une évolution des conditions d’admission.

L’UNEF dénonce ce coup de force des présidents d’université et du Ministère de l’Education Nationale pour imposer la sélection à l’entrée du Master, malgré le refus des étudiants et les engagements clairs du Ministre.

A quelques jours des échéances électorales et du changement de gouvernement, un an après un mouvement d’une ampleur sans précédent au cours duquel les étudiants se sont mobilisés pour exiger un avenir de qualité, ce coup de force constitue une provocation inacceptable.

L’UNEF attend une clarification immédiate du Ministre et l’appelle à tenir sa parole en s’engageant à publier un arrêté qui n’ouvre en aucune façon la possibilité de sélectionner les étudiants à l’entrée du master.

Dans le cas contraire, l’UNEF et les étudiants sauront faire respecter les engagements pris devant eux et mettront tout en œuvre pour faire reculer le gouvernement.