Déclarations de François Fillon : l’UNEF rassurée sur la sélection et les droits d’inscription mais inquiète d’un passage en force sur l’autonomie des universités

Deux exigences de l’UNEF entendues

L’UNEF se félicite que le premier ministre n’entende pas instaurer la sélection à l’entrée de l’université ni augmenter les droits d’inscription, deux mesures pourtant mises en avant par le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale. Si ces deux exigences de l’UNEF ont bien été entendues, la nature de la réforme qui s’annonce comme le calendrier prévu, suscitent de fortes inquiétudes.

Qu’est devenue la réforme globale ?

Alors que la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, semblait favorable à une réforme globale de l’enseignement supérieur englobant la question de l’autonomie des universités, des moyens budgétaires, de la lutte contre l’échec en premier cycle et du système d’aide sociale étudiant, l’UNEF s’inquiète des propos de François Fillon qui n’évoque que la seule autonomie des universités. La modernisation nécessaire de nos universités exige davantage que la seule question de l’autonomie.

Alors que François Fillon a évoqué la liberté pour les établissements de « créer les enseignements qu’ils veulent », l’UNEF rappelle son attachement au service public de l’enseignement supérieur et au caractère national des diplômes ainsi que son refus d’une mise en concurrence des universités au détriment des étudiants.

Calendrier de la réforme : l’UNEF met en garde contre un passage en force du gouvernement

L’UNEF dénonce le calendrier retenu par le premier ministre qui révèle la volonté d’un passage en force contre l’avis de la communauté universitaire. Il semble étonnant qu’une réforme qualifiée par le premier ministre lui-même comme « la plus importante de la législature » ne mérite pas même plusieurs mois de concertation.

Alors qu’une réforme globale et concertée de l’ensemble de la communauté universitaire est possible, le calendrier envisagé ne laisse pas suffisamment de temps à la concertation et risque de rencontrer de fortes oppositions. C’est le meilleur chemin vers un immobilisme que l’université ne peut se permettre.

L’UNEF appelle le gouvernement à faire le choix de la concertation, indispensable à une réforme d’ampleur de l’université, et à reporter le vote de la loi annoncée. L’UNEF demandera des éclaircissements et des engagements précis à la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche lors de son rendez-vous, demain, jeudi 24 mai 2007.