Université de Nîmes : le cadeau de départ de Gilles de Robien

Mardi 6 décembre 2006, Gilles de Robien annonçait la création future d’une nouvelle université de plein exercice à Nîmes et rencontrait l’opposition de l’UNEF. A quelques jours du terme de ses fonctions ministérielles, le ministre vient de signer le décret portant création de cette nouvelle université (Décret n° 2007-733 du 7 mai 2007, paru au Journal Officiel du 8 mai 2007).

Une décision guidée par des intérêts politiques locaux

Si l’UNEF est très attachée à un maillage territorial dense du territoire, elle s’inquiète de cette décision qui s’apparente plus à du copinage local qu’à une politique réfléchie d’aménagement du territoire dictée par l’intérêt des étudiants. La proximité politique entre le député du Gard, le président pressenti de la nouvelle université et le ministre de l’éducation explique peut être cette décision.

Le mandat de Gilles de Robien s’achevant dans quelques jours, il semble davantage agir en chef d’entreprise distribuant les primes de fin d’année plutôt qu’en ministre de la République.

Une décision sans aucune cohérence pédagogique ni démographique

Outre le caractère opportuniste de cette décision, l’UNEF dénonce la création de l’université de Nîmes qui ne rencontre aucune justification ni pédagogique ni démographique. Avec 3000 étudiants et seulement 50 enseignants chercheurs, cette université s’apparentera plus à un collège universitaire délivrant le diplôme de Licence qu’à une université de plein exercice. Le ministre entérine ainsi la mise en place d’université à deux vitesses dont certaines, comme Nîmes, n’auraient ni la taille critique, ni les financements nécessaires, pour adosser leurs formations à la recherche. C’est la qualité des diplômes universitaires qui est en jeu et le ministre ne semble pas en faire grand cas.

Dans un contexte de rapprochement d’universités visant à leur permettre d’atteindre une masse critique à l’international et à mettre en cohérence et rendre plus lisible leur offre de formation, la création de l’université de Nîmes apparaît en total décalage avec la politique du ministère depuis plusieurs années.