Elections étudiantes aux CROUS : l’UNEF majoritaire, L’UNEF déplore la faible mobilisation au sein des universités

Les élections des représentants étudiants au CROUS se sont déroulées dans 27 académies sur 28 du 22 au 26 mars.

L’UNEF en tête du scrutin…

L’UNEF arrive en tête de ce scrutin, avec 66 élus et rassemble 32,1% des voix. Par ces résultats, qui font suite à la progression de l’UNEF lors des élections aux conseils d’université cette année (+53 élus par rapport à 2008, soit 13% d’élus supplémentaires), elle confirme sa place de première organisation étudiante. L’UNEF se félicite notamment du vote très net des étudiants en sa faveur au sein des universités.

L’expression des étudiants en faveur d’une liste syndicale, revendicative, et porteuse d’un projet permettant l’accès aux études pour le plus grand monde est un message clair adressé aux acteurs de l’enseignement supérieur.

Les étudiants ont ainsi approuvé son projet de statut social, reposant sur une allocation d’autonomie, et ils exigent du gouvernement des mesures pour faire face à l’urgence sociale et à la crise.
Ces élections confirment la bipolarisation du milieu étudiant, entre l’UNEF et les associations corporatistes de filières. La quasi disparition de la droite universitaire (Mèt, ex-UNI) a favorisé le développement des listes conservatrices dans les filières traditionnellement élitistes.

… malgré une participation trop faible au sein des universités

Ce scrutin est également marqué par la démobilisation des étudiants au sein des universités.

Ces élections font apparaitre une fracture dans l’enseignement supérieur, entre les universités et les filières sélectives (grandes écoles, filières de santé, médecine). Majoritaire, l’UNEF souffre de la baisse du nombre de votants dans les universités et enregistre ainsi un tassement de son score. A l’inverse, le nombre de votants progresse dans les filières sélectives.

Après les 75% d’abstention des moins de 25 ans lors des élections régionales, l’abstention à ce scrutin confirme la morosité électorale des jeunes. L’inquiétude face à l’avenir, les difficultés sociales et le sentiment d’être abandonné des pouvoirs publics face à une crise qui frappe durement les jeunes ont accru le repli sur soi et la désillusion démocratique. Par ses engagements non-tenus, et son mépris pour les élus étudiants au sein du CNOUS comme du CNESER, le gouvernement porte une lourde responsabilité dans la perte de confiance des étudiants dans l’utilité de ces instances représentatives. Cette démobilisation est un signe de défiance des jeunes à l’égard de la politique du gouvernement.

L’UNEF est plus mobilisée que jamais au lendemain d’un discours de politique générale dans lequel pas une seule fois le président de la République n’a parlé des jeunes et de l’université. Forte de la confiance que lui ont accordée les étudiants lors de ce scrutin, elle mettra tout en œuvre pour la conquête d’un réel statut social de l’étudiant, et exige du gouvernement des réponses face à l’urgence sociale et à la crise.