L’UNEF soutient les étudiants britanniques

Depuis la mobilisation historique du 9 novembre dernier avec près de 50 000 étudiants dans les rues de Londres, les étudiants se mobilisent par milliers dans toutes les villes de Grande-Bretagne. La semaine dernière, ils manifestaient à Londres, à Birmingham, Sheffield, Liverpool; Manchester, Brighton… et près de 30 universités sont partiellement occupées. Mercredi 8 et jeudi 9 novembre, une délégation de l’UNEF sera à Londres pour soutenir les étudiants britanniques lors des journées de mobilisation contre le vote du triplement des frais d’inscription à l’université.

Le plan de rigueur drastique dévoilé en octobre dernier par le gouvernement britannique envisage de baisser de 80% le budget alloué à l’enseignement et de tripler les frais d’entrée à l’université. Aujourd’hui, les frais ne peuvent dépasser 3800 euros par étudiant par an dans les établissements publics. Mais d’après le projet de loi qui sera présenté au Parlement jeudi 9 décembre, ils pourront atteindre 7 000 euros (6 000£) et même, « dans des circonstances exceptionnelles » 10 630 euros (9000 £) par an!

Alors que 95 milliards d’euros devraient être économisés afin d’éliminer la quasi-totalité du déficit public en 5 ans et un million d’emplois supprimés dont la moitié dans le secteur public, le mouvement étudiant est en train de devenir la principale force d’opposition aux coupes budgétaires. Le gouvernement refuse pourtant de tenir compte de l’ampleur historique de la mobilisation. Mais si le premier ministre, David Cameron a annoncé qu’il ne renoncerait pas à l’augmentation des frais d’inscription, la mobilisation étudiante a révélé les fragilités de la coalition des conservateurs et libéraux-démocrate. Avant d’entrer au gouvernement, les libéraux-démocrates avaient promis de s’oposer à toute augmentation des droits d’inscription. Avec cet engagement, ils avaient raflé près de la moitié du vote étudiant aux élections de mai. Les étudiants espèrent donc les obliger à respecter leurs engagements électoraux et ainsi mettre le gouvernement en échec lors du vote de jeudi.

Dans toute l’Europe, les politiques de rigueur réduisent drastiquement les budgets consacrés à l’enseignement supérieur et aux aides sociales pour les étudiants. En Italie par exemple, la réforme des universités prévoit de remplacer toutes les bourses par un système de crédit. Les mobilisations étudiantes de ces dernières semaines en Grande-Bretagne, Italie, Irlande, Autriche, Allemagne, Grèce et Bulgarie expriment un même refus, celui d’être une génération sacrifiée qui aura à payer toutes les conséquences de la crise. Parce qu’il est urgent d’investir massivement dans l’éducation et parce que l’augmentation des frais d’inscription mise en oeuvre dans la majorité des gouvernements européens remet massivement en cause l’accès de tous à l’enseignement supérieur, l’UNEF se rendra à Londres pour soutenir la mobilisation des étudiants britanniques.