L’UNEF condamne l’arrestation scandaleuse de dizaines de migrants tunisiens à Paris et en Seine-Saint-Denis

Alors que les déclarations du gouvernement sur l’immigration participent chaque jour de la libération de la parole raciste et de l’émergence de l’extrême-droite sur la scène politique, le ministère de l’intérieur vient d’orchestrer l’arrestation de plus d’une soixantaine de migrants tunisiens à Paris et en Seine-Saint-Denis.

Le plus gros déploiement des forces de police a eu lieu mercredi soir au parc de la Villette pendant la distribution de repas par la Croix-Rouge. Arrivés pour la plupart récemment d’Italie et vivant dans une précarité extrême, ils ont été placés en centres de détention administrative et devraient faire l’objet d’arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière.

L’UNEF refuse de laisser le gouvernement français, instrumentaliser ces évènements à des fins de politique intérieure. Loin de l’invasion fantasmée par le ministre de l’intérieur, les mouvements migratoires dus aux révolutions en cours au Maghreb et au Moyen-Orient ne représentent aucun danger pour l’Europe. L’histoire a démontré qu’il était possible d’accueillir des réfugiés, il y a peine vingt ans les pays européens on su s’organiser pour protéger les migrants fuyant la guerre dans les Balkans.

L’UNEF appelle à la libération des personnes arrêtées et à la mise en œuvre d’aides d’urgence pour assurer la prise en charge de ces migrants.

L’UNEF s’inquiète du durcissement des politiques migratoires entrepris par le gouvernement. L’attitude du gouvernement vis-à-vis des migrants tunisiens constitue le franchissement d’un cap symbolisé par la volonté de remettre en cause l’espace Schengen. Alors que les révolutions et soulèvements en cours au Maghreb et au Moyen-Orient expriment les aspirations de toutes les populations, et particulièrement de la jeunesse, à la démocratie et à la justice sociale, la France doit renouer avec sa tradition de terre d’asile.

L’UNEF appelle les étudiants à participer à tous les rassemblements de soutien pour dénoncer fermement ces arrestations et à manifester leur opposition à la politique de stigmatisation entreprise par le gouvernement.