1919-1945 • L’UNEF et le corporatisme

A la sortie de la première Guerre Mondiale, les étudiants, toujours plus nombreux, se regroupent au sein de l’UNEF pour faire face à la crise des années 30 puis à la Seconde Guerre Mondiale.

1919 – 1923 • Le Congrès de Strasbourg et ses suites

Le premier congrès d’après-guerre se tient à Strasbourg en novembre 1919. Le ton est plus grave qu’auparavant. La Guerre et ses conséquences sont encore dans les esprits. L’UNEF doit faire face aux besoins nouveaux des étudiants extrêmement nombreux à la sortie du conflit. Les AGE créent des restaurants pour les étudiants, mais sont confrontées aux difficultés de la gestion, et à la faiblesse de leurs moyens matériels. Ce congrès est aussi le premier congrès de la paix, et de nombreuses délégations d’étudiants venant des nations alliées sont présentes. L’UNEF propose la création de la Confédération internationale des étudiants.
En 1923, le congrès de Clermont décide la fondation du Sanatorium des étudiants de France (SEF). Cette œuvre ambitieuse va mobiliser l’UNEF les années suivantes. Une activité forcenée permet de réunir les premiers fonds, et la première pierre est posée en 1925. De nombreuses difficultés sur le chantier vont pourtant avoir raison de l’enthousiasme des débuts et à la fin des années 20, les travaux sont presque arrêtés.

1923 – 1939 • Les difficultés des années 20 et le renouveau du Front Populaire

Dans la deuxième partie des années 20, l’UNEF est confrontée à de nombreuses difficultés. L’Université connaît une croissance de ces effectifs, et des étudiants issus des classes moyennes arrivent sur les bancs des Facultés. Les œuvres pour les étudiants sont donc plus que jamais nécessaires, mais les AGE n’ont pas les moyens matériels de les faire vivre correctement. De plus, la volonté de soutenir les nouveaux publics étudiants est contestée en interne de l’UNEF avec par exemple l’AGE de Paris, dominée par les étudiants d’Action Française à partir de 1928 qui suscite des scissions et qui contestent violemment le bureau de l’UNEF.
La crise de 1929, qui touche la France à partir de 1933 calme les esprits. Face au chômage grandissant des jeunes diplômés, un ancien vice-président de l’UNEF, Alfred Rosier, fonde le Bureau Universitaire de Statistiques (BUS) pour rassembler la documentation nécessaire à l’insertion des étudiants. En arrivant au gouvernement, Jean Zay décide de prendre le problème du financement des Œuvres étudiantes à bras le corps. Le 18 juillet 1936, il crée le Comité Supérieur des Œuvres en faveur des étudiants (CSO) qui rassemble sous une seule autorité, et avec des moyens accrus l’ensemble des œuvres. L’UNEF se renforce, par l’intermédiaire d’un journal : « le Courrier de l’étudiant » illustre cette nouvelle vigueur.

1940 – 1945 • La Seconde Guerre Mondiale

C’est une UNEF plus forte que jamais qui affronte l’entrée en guerre de la France. Un Comité d’entr’aide en faveur des étudiants mobilisés se met en place. Après l’invasion de la France et sa division, l’UNEF est obligée de s’adapter à la nouvelle situation. Les étudiants déplacés ou réfugiés sont dans des situations très difficiles, et de nombreux étudiants restent prisonniers en Allemagne. Le secrétariat de l’UNEF se réfugie à l’AGE de Clermont-Ferrand, la plus proche du nouveau régime installé à Vichy. La direction de l’UNEF adopte un profil bas pour protéger les œuvres et évite la dissolution. Les AGE sont attentistes face aux événements, mais de nombreux membres de l’UNEF s’engagent dans la Résistance. Ainsi, les étudiants de Paris avec le soutien matériel de l’UNEF manifestent les premiers contre l’occupation allemande le 11 novembre 1940. L’AGE de Grenoble s’engage auprès des maquisards et le SEF cache des Résistants blessés.
À la Libération, l’UNEF tient un congrès extraordinaire à Paris en décembre 1944. Une commission d’épuration se met en place, 3 membres de l’UNEF sont exclus. Mais la priorité est à continuer à défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants, qui sortent de cinq ans de privations, et l’UNEF reste seule pour cela.