1971-2007 • De l’éparpillement à l’unité retrouvée

Après l’agitation des années 70, deux UNEF cohabitent sur les facs. Les mouvements de 86 et 95 marqueront la nécessité d’une réunification qui verra enfin le jour en 2001.

La décennie 70 et le retour vers le syndicalisme (1971 – 1981)

 

La question de la participation aux élections instaurées par la Loi Faure en décembre 68 fait exploser l’UNEF. Le 10 janvier 1971, lors du collectif national, les Etudiants Socialistes Unifiés qui tenaient la direction de l’UNEF quittent la salle après avoir été mis en minorité. Les deux groupes restants : « Renouveau » proche des communistes, et « Unité Syndicale » proche des trotskistes-lambertistes ne parviennent pas à trouver un accord sur le fonctionnement de l’UNEF ni sur la participation. Deux congrès séparés ont lieu, celui de l’UNEF dite « US » qui garde la structure nationale en présence de la CFDT, de la FEN et de la CGT-FO, et celui de l’UNEF dite « Renouveau » qui rassemble la majorité des comités d’action de l’UNEF, en présence du SNESup, du SNES et de la CGT.
En 1976, un important mouvement a lieu contre les réformes proposées par Giscard d’Estaing. Ce mouvement donne lieu à la naissance des 1ères « coordinations » étudiantes qui rassemblent des étudiants syndiqués et non-syndiqués. Cette année, l’UNEF-US décide de participer aux élections des CROUS, mais l’UNEF-Renouveau conserve sa place de première organisation étudiante.
En 1980, à Nanterre l’UNEF–Indépendante et Démocratique naît par la fusion de l’UNEF-US et du Mouvement d’Action Syndicale. Elle est présidée par Jean-Christophe Cambadélis. L’UNEF-Renouveau adopte la ligne « Solidarité Étudiante », nom sous lequel elle présente ses listes aux élections.

Le mouvement contre Devaquet, une victoire du syndicalisme étudiant (1981 – 1995)

Après la loi Savary, l’UNEF-ID se présente aux élections universitaires et s’impose rapidement comme la deuxième force étudiante. En 1986, le nouveau gouvernement de Jacques Chirac veut abroger la loi Savary, et introduire une forme de sélection à l’Université. Les UNEF prennent la tête du plus grand mouvement étudiant depuis Mai 68, et font plier le gouvernement en trois semaines. Malheureusement, Malik Oussekine meurt de la violence policière.
Dans une Université qui accueille de plus en plus d’étudiants avec la volonté d’amener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat, L’UNEF-ID cherche à s’orienter vers une nouvelle forme de syndicalisme qui prenne en compte la diversité des engagements étudiants. En 1993, la proximité entre la direction de l’UNEF-ID et les gouvernements socialistes est fortement dénoncée par une partie de l’organisation renoue avec une orientation plus offensive, et plus proche du modèle syndical. Les difficultés internes affaiblissent l’UNEF-ID qui se retrouve deuxième organisation étudiante aux élections du Crous de 1994. À la même période, l’UNEF-SE renoue avec un modèle de syndicalisme plus revendicatif.

Le mouvement contre le CPE, le couronnement de l’UNEF réunie (1994 – 2007)

En 1994, une nouvelle équipe prend la tête de l’UNEF-ID et remet en avant la revendication de l’allocation d’études. Après le mouvement étudiant de 1995 dans lequel les deux UNEF prennent un rôle moteur, l’UNEF-ID voit de nombreuses revendications en matière de pédagogie et de contenus des enseignements satisfaites par la réforme Bayrou. Elle développe alors considérablement la formation des élus étudiants pour permettre un suivi au plus près des intérêts étudiants. En 1996, elle redevient la première organisation étudiante lors des élections aux CROUS. L’UNEF-SE ne reçoit pas de retombées à la hauteur de ses efforts dans la mobilisation de 1995, et la direction est de plus en plus contestée en interne par une opposition multiforme.
Le principal clivage est celui de la réunification de l’UNEF, que l’UNEF-ID met particulièrement en avant à partir de 1998. En 1999, une liste commune des deux UNEF est élaborée pour sauver la MNEF et le régime étudiant de sécurité sociale. En 2000, une liste commune se présente au CNESER et obtient la première place. Finalement, en juillet 2001, les deux UNEF fusionnent dans une nouvelle UNEF.