2. Droit à l’emploi

L’UNEF propose

L’objectif d’un droit à l’emploi pour les jeunes s’inscrit dans la défense d’une politique de plein emploi permettant l’adéquation entre le niveau de qualifications et le statut de salarié lors de l’embauche de jeunes diplômés.
• La période d’insertion professionnelle qui est celle qui sépare la fin des études du premier emploi stable doit être protégée socialement. Cela doit notamment permettre de lutter contre le phénomène de déqualification qui touche les jeunes diplômés. Nombreux sont les jeunes qui acceptent des emplois peu qualifiés afin de subsister socialement.
• Une politique de plein emploi doit permettre de résoudre la situation de pénurie qui existe actuellement sur le marché du travail. Un soutien à la création d’emploi stable doit permettre de réduire le temps d’attente en l’acquisition du diplôme et la première embauche stable et limiter le recours au sous emploi trop souvent réservé aux jeunes entrants sur le marché du travail. Cette exigence est d’autant plus nécessaire que la création d’emplois précaires est le principal facteur de déstabilisation du statut de salarié. Les jeunes aspirent non seulement à être embauchés à la sortie des études mais aussi à se voir garantir les droits liés à l’emploi tout au long de leur parcours professionnel.
• L’adéquation entre le niveau de qualifications et le statut du premier emploi doit permettre en premier lieu de passer du contrat précaire comme règle d’embauche au CDI comme norme d’emploi pour les jeunes. Faire du niveau de qualification l’élément déterminant de l’embauche à l’entrée du marché du travail doit permettre de protéger les jeunes contre le phénomène de déqualification. Le statut d’emploi doit être progressif selon le niveau d’étude : le SMIC ne peut donc pas être le salaire d’embauche d’un jeune diplômé. La reconnaissance des qualifications doit enfin permettre de désengorger le marché du travail et libérer des emplois pour les travailleurs sans qualifications qui sont aujourd’hui au chômage.

Ce qui existe aujourd’hui

En matière de protection sociale

Si les jeunes diplômés peuvent prolonger leur affiliation à la sécurité sociale étudiante lors de leur sortie de l’enseignement supérieur , ils ne bénéficient la plupart du temps d’aucune couverture sociale. L’ouverture des droits au RSA socle se faisant à partir de 25 ans, les jeunes diplômés en recherche d’emploi ne sont pas concernés par ce dispositif.
Le 30 décembre 2009, le parlement a élargi le bénéfice du RSA aux jeunes de 18 à 25 ans ayant travaillé l’équivalent de deux ans sur les trois dernières années. Cette mesure ne concernait fin octobre 2010 que 3 400 bénéficiaires.
Depuis le 1er février 2011, 5 500 jeunes bénéficient d’un revenu contractualisé d’autonomie (RCA), au titre d’une expérimentation. Ce revenu contractualisé d’autonomie (RCA) a pour objectif d’accompagner les jeunes à la recherche d’un premier emploi. Le RCA concerne deux types de publics :
• les jeunes faiblement qualifiés (jusqu’au bac)
• les jeunes diplômés au minimum d’une licence

Les conditions d’insertion des jeunes diplômés

L’absence de reconnaissance des qualifications dans les conventions collectives, entraine des situations d’entrée dans l’emploi marquées par la précarité. Alors que 80% des salariés sont embauchés en CDI, le CDD est devenu la norme d’emploi des jeunes diplômés. Lors de la première embauche, 70 % des jeunes diplômés sont employés en contrat à durée limitée contre 30% en CDI. Selon l’INSEE, la moitié des emplois précaires (CDD, intérim, apprentissage) sont occupés par des jeunes de moins de 29 ans.
Ces conditions d’embauche précaires se répercutent tout au long de la carrière professionnelle.
Selon les niveaux de qualification les conditions d’insertion sont hétérogènes :
• les jeunes sortis de l’enseignement supérieur sans diplômes.
En fin de troisième année de vie active, leur salaire net médian est proche du SMIC, seuls 51 % ont un emploi à durée indéterminée et 17 % sont au chômage. Cette absence de qualification, pousse ces jeunes à effectuer des retours en formation, c’est le cas de 29% des bacheliers généraux sortis de l’université sans qualifications.
• les jeunes diplômés sont mieux protégés contre le chômage
Les jeunes qui sortent diplômés de l’enseignement supérieur connaissent moins de difficultés. Ils ne sont pas pour autant épargnés par la précarité. En fin de troisième année de vie active, 7 % des diplômés du supérieur de la génération 2004 sont au chômage, un taux inférieur de moitié à celui de l’ensemble de leur génération. La proportion de débutants en contrat à durée déterminée s’est, d’une génération à l’autre, stabilisée à un peu plus d’un sur cinq.
Les diplômés de masters connaissent des conditions d’embauches plus favorables que les diplômés de licence. Plus de la moitié accèdent à un emploi à durée indéterminée dès leur première embauche. En fin de troisième année de vie active, leur taux de chômage ne dépasse pas 5 % et ils perçoivent un salaire net médian plus élevé.

Les moyens pour y parvenir

Donner les mêmes outils de formation à tous les jeunes

SI l’université n’est pas responsable de la situation de l’emploi, l’une de ses missions consiste à qualifier les jeunes et à leur transmettre les outils nécessaires à une insertion professionnelle de qualité. Pour cela il faut agir sur le contenu même des formations en y intégrant :
• Tous les diplômes doivent être qualifiants, ils doivent donc permettre l’insertion professionnelle immédiate tout en garantissant la possibilité de poursuivre des d’études.
• Des modules de préparations à l’insertion professionnelle : rédaction de CV, préparation d’entretiens d’embauches, maitrise des TICE, apprentissage de langues vivantes, cours de droit du travail.
• Les stages doivent être intégrés dans tous les cursus. Ils doivent être réglementés en garantissant une rémunération à hauteur de 50% du SMIC minimum dès le premier mois de stage. Les stages doivent faire l’objet d’un encadrement pédagogique et les missions du stagiaire doivent être obligatoirement définies en lien avec sa formation.

Protéger la période d’insertion professionnelle

Les jeunes de moins de 25 ans n’ayant pas droit aux minimas sociaux se retrouvent sans protection sociale durant la recherche du premier emploi stable. Cette absence de protection pousse les jeunes diplômés à accepter les pires conditions d’embauche et des emplois sous-qualifiés. Nous proposons de protéger la période d’insertion par la mise en place :
• D’une aide à la recherche du premier emploi, qui serait versée à tous les jeunes diplômés de moins de 25 ans en recherche d’emploi. Cette aide serait versée chaque mois aux jeunes diplômes en recherche d’emploi. Son montant serait équivalent à 50% du SMIC.
• Outre la mise en place de l’aide à la recherche du premier emploi, nous demandons que les jeunes diplômés aient les mêmes droits que les autres salariés. Alors que beaucoup de jeunes diplômés ont cotisé à l’assurance chômage en tant qu’étudiants salariés, ils ne reçoivent aucune indemnisation. Nous proposons donc d’assouplir les conditions ouvrant droit à l’indemnité chômage pour les jeunes diplômés ayant été étudiants salariés.

Garantir la reconnaissance collective des qualifications

A rebours de la logique de reconnaissance individuelle des compétences et aptitudes des jeunes diplômés nous portons le principe d’une reconnaissance collective permettant de garantir à tous un emploi en lien avec les qualifications obtenues. La reconnaissance des qualifications collectives doit changer radicalement la norme d’emploi des jeunes.
• Les qualifications doivent être reconnues dans les conventions collectives. Cela doit mettre fin à la sous-rémunération des jeunes diplômés. Le salaire médian au premier emploi des jeunes diplômés de licence n’est que de 1150€ la première année et de 1460€ trois ans plus tard. Le salaire d’embauche ne doit plus être le SMIC. Cette reconnaissance des qualifications doit garantir un niveau de rémunération et des droits précis en terme de condition de travail.
• Le CDI doit être la norme d’emploi des jeunes diplômés. Le droit du travail doit être rigoureusement appliqué et les contrats atypiques (CDD, interim) ne doivent être utilisés que pour des remplacements ou des missions ponctuelles. Les stages ne doivent plus être des emplois déguisés. Les pouvoirs publics doivent renforcer la réglementation interdisant les stages hors cursus et sanctionner les entreprises ayant recours à des stages pour combler des emplois vacants.
• La puissance publique doit montrer l’exemple en mettant fin à la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Un plan de recrutement massif doit voir le jour dans la fonction publique afin d’offrir un débouchés professionnel aux jeunes diplômés qui le souhaite.

Accompagnement individualisé

Les jeunes non-qualifiés doivent bénéficier d’un accompagnement individualisé leur permettant le retour à la formation commune, ou l’accès à des dispositifs spécifiques comme l’apprentissage. L’apprentissage ne peut être qu’une solution marginale permettant la qualification. Les jeunes diplômés doivent également bénéficier d’un suivi individualisé. Aujourd’hui lâchés dans le marché du travail, ils ne sont pas conseillés sur leur stratégie d’accès à un emploi stable. Les jeunes en situation d’échec universitaire doivent être accompagnés durant leur cursus pour éviter qu’ils décrochent et qu’ils sortent sans qualifications du système. Un accompagnement individualisé par un enseignant doit être mis en place dans toutes les formations. Création d’un opérateur public d’insertion professionnelle pour les jeunes diplômés pour pallier les carences du pôle emploi dont la structure ne permet pas de répondre aux besoins de jeunes.