6. Droit à la culture et aux loisirs

L’UNEF propose

Si l’accès à la culture est aujourd’hui un élément indispensable de l’émancipation des jeunes, le manque de politique nationale volontariste fait exploser les inégalités sociales en matière d’accès à la culture. La culture n’est pas un luxe, c’est un droit ! L’inégalité des offres culturelles suivant son lieu d’étude rompt de plus l’égalité entre étudiants face à la réussite. Cela a des conséquences pédagogiques notamment dans la capacité des étudiants à réussir les épreuves de culture générale. C’est donc une véritable fracture culturelle qui s’installe dans le milieu étudiant, entrainant des inégalités flagrantes face la réussite. C’est pourquoi, dans l’engagement pour un accès de tous à la culture et à la réussite, nous revendiquons :
• La reconnaissance d’un droit à la culture pour tous les étudiants.
• L’augmentation du budget alloué aux activités culturelles dans l’enseignement supérieur.
• L’attribution de fonds aux étudiants permettant l’organisation d’activités culturelles.
• L’amélioration de la coordination des politiques culturelles conduites par les CROUS, les universités et les collectivités locales.

La pratique des Activités Physiques Sportives et Artistiques (APSA) sollicite de multiples savoirs et compétences de natures diverses (technique, tactique, physique, psychique, sociale, éthique, transversale,…). Les dimensions de plaisir, de convivialité, de bien-être y sont incontournables. Ces APSA sont des objets d’études, des moyens de formation et font l’objet de recherches. La discipline EPS et ses enseignants y participent activement. D’autre part le sport est devenu un fait social global, un élément de la culture générale. Il doit faire partie des missions de l’université sur la formation à la culture générale, des esprits, à l’analyse. Le sport nécessite une appropriation critique continue. Un enseignement et un encadrement qualifié, universitaire, sont donc incontournables. La pratique régulière d’APSA devient donc un des éléments pour endiguer la sédentarité grandissante qui génère un problème de santé publique. Nous entendons le sport comme contribuant à la santé au sens du bien être physique, psychique et social et non comme une simple pratique hygiéniste.
• La reconnaissance du droit aux vacances pour les étudiants.
• La généralisation de la pratique des APSA dans tous les cursus universitaires.
• La valorisation des APSA dans la validation des enseignements.

Ce qui existe aujourd’hui

Si certains dispositifs favorisant l’accès des étudiants à la culture et aux loisirs existent, il n’y a aucune harmonisation nationale. Cela conduit à des situations d’inégalités, alors que les étudiants de l’académie de Montpellier ont accès à un Pass’Culture, les étudiants de l’académie de Paris ne disposent pas de réduction généralisées. La carte ISIC agréée par l’UNESCO en garantissant un statut d’étudiant partout dans le monde, cette carte est la seule qui permet de garantir l’accès à la culture et aux loisirs sur l’ensemble du territoire.

Concernant les activités physiques et sportives, la situation est aussi très hétérogène selon les étudiants. Les étudiants des grandes écoles disposent la plupart du temps d’installations sportives de qualité et de cours de sports intégrés à leur cursus, tandis que les étudiants en université sont confrontés à des installations sportives insuffisantes et à une faible valorisation du sport dans les études. L’investissement financier dans le sport universitaire est très faible, l’Etat n’investit que 2,6 € par étudiant dans la dotation globale de fonctionnement des universités. Alors que 70% des étudiants souhaiteraient faire du sport à l’université, ils ne sont que 20% à pouvoir exercer une activité physique et sportive. Le sport est toujours déconsidéré dans sa valeur universitaire à la fois comme moyen de formation et facteur d’équilibre et donc de réussite pour chaque étudiant, alors que dans nombre de grandes écoles il est obligatoire dans la formation. Le manque de temps libéré pour chaque étudiant, le peu de valeur accordée dans la formation, donnent lieu à une insuffisance structurelle de moyens d’encadrements, financiers et d’installations sportives.

Les moyens pour y parvenir

Pour l’accès de tous à la culture et aux loisirs

L’accès à la culture « dans la ville ». Les étudiants doivent pouvoir assister aux représentations et aux événements culturels qui se déroulent dans leur ville universitaire à moindre coût : cinéma, théâtre, concerts, colloques… Cela nécessite à la fois une politique tarifaire incitative (même si mettre en place des réductions pour les jeunes n’est pas la seule mesure à mettre en place pour la démocratisation).
Pour favoriser l’accès à la culture des étudiants, les pratiques culturelles doivent être présentes au sein des universités (hébergement des événements culturels, favorisation des initiatives étudiantes).
Les résidences universitaires doivent être de véritables lieux de vie et permettre par la construction de lieux adéquats (salles de spectacle, lieu de projection de films…) et une volonté d’animation, l’accès à la culture des étudiants y résidant.
Le droit aux vacances est lui souvent impossible du fait de la précarité accrues des étudiants. Beaucoup sont d’ailleurs salariés durant l’été et rend impossible ce droit pourtant fondamental. Il n’en reste pas moins que des mesures sont envisageables pour favoriser l’accès aux vacances et pour qu’elles soient moins onéreuses pour les jeunes. La mise en place de chèques vacances pour l’accès à des séjours à tarifs réduits pour les étudiants doit être envisagée. Des réseaux d’échange et d’accueil entre les étudiants étrangers et les étudiants français par les universités doivent aussi permettre un accès plus important aux vacances.

Le développement du sport universitaire

Afin de permettre au sport universitaire de remplir toutes ses missions, nous demandons la mise en place d’un plan de développement de l’accès au sport universitaire comprenant :
• La mise en place d’UE obligatoire dans tous les cursus de licence et d’UE libres.
• La rénovation et la construction d’installations sportives.
• Un plan de recrutement d’enseignants d’EPS.
• Le rétablissement des fléchages des financements à destination SUAPS.