11. Droit à l’égalité entre les femmes et les hommes à l’université

L’UNEF propose

Les inégalités entre les femmes et les hommes sont toujours d’actualité et s’expriment de façon violente dans l’ensemble de notre société. Les femmes touchent en moyenne 20% de moins que leur collègue homme, et occupent la grande majorité des emplois précaires. Elles sont également victimes de violences (chaque année 198 000 femmes sont victimes de viols et en 2008, 675 000 femmes ont été victimes de violences conjugales) et sont exclus des cercles de décisions dans l’entreprise (sur 561 postes d’administrateurs de groupes du CAC 40, 59 seulement sont occupés par des femmes) ou dans les institutions de la République (seules 18% des députés sont des femmes).

L’université n’échappe pas à la règle et participe aussi à la reproduction genrée et sexiste : seuls 14 % des professeurs d’université sont des femmes, alors que 57% des étudiants sont des étudiantes. Cette reproduction genrée est aussi illustrée par les effectifs des filières universitaires : mettre les chiffres.

L’UNEF souhaite que l’université soit un cadre d’émancipation pour tous, et permettre l’égalité. L’UNEF est une organisation féministe qui a vocation à combattre toutes les inégalités où elles se trouvent dans l’université. L’université a un rôle majeur à jouer dans le combat pour l’égalité des sexes. Parce qu’elle contribue à la propagation de la connaissance et du savoir face à l’obscurantisme, l’université, tout comme l’école, doit être un outil d’émancipation et d’éducation.

Ce qui existe aujourd’hui

Les filières universitaires, comme les choix de poursuite d’étude, sont genrées et ne sont pas uniquement le fruit du hasard. 30% seulement des effectifs étudiant en classe préparatoire scientifique sont constitués de femmes, 27% de femmes en sciences et techniques. Mais parallèlement elles sont surreprésentées dans les filières de sciences humaines et sociales où elles représentent 70% des effectifs. Pourtant, les femmes ne sont pas à priori pré disposés à ne pas suivre les filières scientifiques. Ces résultats sont le fruit d’une orientation genrée, auquel il est urgent de mettre fin.

Loin de permettre l’égalité, l’université est également un lieu qui les entretient. Les soirées et week-end d’intégration étudiants par exemple sont souvent le lieu de graves dérives sexistes. Affiches sexistes, suralcoolisation qui favorise les agressions sexuelles et les viols, ces événements sont pourtant directement ou indirectement financés et soutenu par les universités par le bais des FSDIE (Fond de Soutien et Développement des Initiatives Etudiantes).

L’étude des genres est très peu développée en France. Elle est pourtant un outil efficace pour déconstruire les préjugés sexistes chez les étudiants, et dans la société en règle générale par le développement de la recherche. Des unités d’enseignement sur l’étude des genres doivent être proposées dans l’ensemble des filières sous forme d’UE de culture générale dans les filières scientifiques ou comme partie intégrante des autres filières.

Les moyens pour y parvenir

Assurer l’égalité des choix d’orientation

• Promouvoir l’orientation dans les filières scientifiques pour les femmes par des campagnes de sensibilisation dès le lycée.
• Encourager les femmes à la poursuite d’étude, du doctorat à l’agrège.
Mettre fin au sexisme ordinaire à l’université
• des campagnes de prévention sur les risques de la suralcoolisation et des violences sexistes pendant les soirées étudiantes et les weekends d’intégration.
• une charte contraignante pour le financement des associations étudiantes intégrant des éléments sur le strict respect de l’égalité des sexes et l’interdiction de diffusion des idées mysogines et sexistes.

Développer les enseignements et la recherche sur les genres

Dans leur ensemble, tous les enseignements doivent intégrés la question des droits des femmes. Que cela soit en histoire par l’étude de la naissance du mouvement féministe, en sociologie par l’étude des déterminismes genrés, ou encore en médecine, où actuellement l’étude sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) n’est l’objet que de deux heures d’enseignement sur l’ensemble de la formation. L’UNEF revendique :
• l’intégration de la question des droits des femmes dans l’ensemble des filières
• le développement de la recherche sur l’étude des genres

Permettre à tous les femmes d’avoir accès à l’université

Les femmes sont parfois empêcher de continuer leurs études, pas par choix, mais parce qu’elles doivent assurer l’éducation de leurs enfants. Il faut prendre en compte cette réalité, et offrir aux femmes les outils pour que la naissance d’un enfant ne soit plus un handicap pour poursuivre sa carrière universitaire, puis professionnelle. L’UNEF revendique la mise en place de crèches à disposition des étudiants et des enseignants sur les campus

Prévenir les comportements sexistes par la mise en place d’un observatoire des inégalités

Pour que l’objectif de l’égalité entre les hommes et les femmes ne reste pas lettre morte, une commission dédiée au sujet doit être mise en place dans les universités. Ces commissions rendraient des avis sur l’action de l’université pour lutter contre le sexisme et la reproduction genrée.