Actualités nationales

Le décret sur les PRES sonne la fin du monopole de la délivrance des diplômes nationaux par les universités

La reconnaissance de diplômes nationaux est un monopole d’Etat. Seules les universités publiques sont habilitées à délivrer ces diplômes. Cette disposition est une garantie de la qualité des diplômes et de l’égalité de tous devant la formation. En effet le diplôme est une protection pour tous contre le chômage dès lors que deux conditions sont remplies : son contenu (c’est-à-dire les qualifications qu’il sanctionne) doit être reconnu nationalement et son accès doit être garanti pour tous les étudiants, quel que soit leur milieu social d’origine. A l’origine destinés à promouvoir la collaboration des équipes de recherche, les PRES regroupent à l’heure actuelle des établissements publics et privés (par exemple l’institut catholique de Lyon fait partie du PRES de Lyon). Par le décrèt adopté le 17 novembre, l’État permet désormais aux PRES de délivrer des diplômes nationaux, on permet par conséquent aux établissements privés rattachés à ces PRES d’obtenir la reconnaissance de leur offre de formation par des diplômes nationaux. Or contrairement aux universités publiques, les universités privées n’offrent aucune garantie en matière de neutralité, de contenu pédagogique de formation ou de modalités d’examens mais aussi d’absence de sélection et de frais d’inscription. Priver les universités publiques de leur principal atout qui est la reconnaissance nationale revient à organiser une véritable concurrence déloyale alors que les universités assurent une mission de service public.

C’est pour celà que les élus « UNEF et associations étudiantes » demandent la suppression de l’article 2 du projet de loi.

Emmanuel Zemmour, Élu au CNESER

Enquête du CEREQ sur l’insertion professionnelle : une enquête détournée

Le service public de l’enseignement supérieur doit permettre à chacun de réussir une insertion professionnelle durable. A l’heure où le chômage touche 25% des jeunes des jeunes et où le premier emploi stable est décroché en moyenne à 27 ans, il y a une réelle urgence à donner les moyens à chaque université de remplir cette mission. L’enquête annoncée par le ministère de l’enseignement supérieur en lien avec le Centre d’étude et de recherche sur les qualifications (CEREQ) devait fournir des informations précieuses pour identifier précisément les difficultés rencontrées par l’ensemble des 18-25 ans sur le marché de l’emploi.

Malheureusement il n’en est rien. A l’inverse des enquêtes annuelles « Générations » du CEREQ, l’enquête du ministère présente des résultats université par université, filière par filière du taux d’insertion professionnelle. Ces chiffres comparatifs doivent, selon la ministre, permettre de révéler les performances de chaque établissement et servir « d’instrument de pilotage » pour l’Etat « qui en tiendra compte dans ses dotations financières aux campus ».

Le ministère pense que c’est en mettant en concurrence les universités que l’on pourra résoudre les problèmes d’insertion des jeunes. Cette idée est non seulement fausse mais surtout dangereuse. Le CEREQ a lui-même publié une note consécutive à l’enquête insistant sur le fait que les différences de résultats sont dues non aux différences entre établissements mais aux situations locales de l’emploi. La ministre préfère ainsi laisser la situation des jeunes s’aggraver tout en creusant les inégalités entre universités plutôt que de prendre ses responsabilités.

Les élus « UNEF et associations étudiantes » dénoncent le déchargement de responsabilité du ministère de l’enseignement supérieur et exigent :
• Un financement fléché nationalement pour les bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP)
• Des règles contraignantes d’encadrement pédagogique des stages, et en particulier l’interdiction des stages hors cursus
• La systématisation des stages obligatoires en troisième année de licence

Yannick Sabau, Élu au CNESER

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