Budget de la vie étudiante pour 2011 : entre rigueur et mépris des promesses faites aux étudiants
Mais où est passé l’argent du 10ème mois de bourse ?
La rentrée est chaque année plus difficile pour les étudiants, avec l’augmentation des dépenses obligatoires, comme les frais d’inscription, le loyer ou encore la restauration, et la stagnation des aides. Prenant enfin conscience de cette réalité et suite à des interpellations répétées de l’UNEF, le gouvernement a mis fin à des années d’injustices en mettant en place un 10ème mois de bourse pour l’ensemble des étudiants boursiers.
Néanmoins, dans le PLF 2011, le gouvernement prévoit à partir de septembre un budget de 529,68 millions d’euros pour les aides directes du CNOUS. Si l’on s’en tient à l’évaluation du nombre de boursiers en 2011-2012 réalisée par l’Etat, on constate que le budget des aides directes devrait atteindre 624,39 millions d’euros pour permettre le financement du 10ème mois de bourse. Il y a donc un déficit de 94,7 millions d’euros pour garantir le financement du 10ème mois promis par Valérie Pécresse.
Les aides d’urgence sacrifiées sur l’hôtel de la rigueur !
Les aides financières du FNAU (ponctuelles et annuelles) sont les seules aides accessibles aux étudiants non boursiers dans certaines situations d’indépendance ou de reprise d’étude et aux étudiants étrangers. Alors que le nombre de demandes ne cesse d’augmenter depuis la création de ce dispositif en 2008 (+20% en moyenne en deux ans), confirmant la paupérisation du milieu étudiant, le budget accordé au titre de ces aides accuse pour 2011 une baisse 9,5 millions d’euros, soit 19,2% en une année.
Alors que les élus « UNEF et associations étudiantes » avait obtenu l’année dernière un abondement de 10% de ce fonds, passant de 45 à 49,5 millions d’euros, par cette baisse, le gouvernement réalise près de 10 millions d’euros d’économies sur le dos des étudiants.
Afin de justifier cette baisse drastique des aides d’urgence, le gouvernement s’embourbe dans une argumentation plus que bancale. Le PLF anticiperait le fait que chaque année le FNAU ne soit pas utilisé dans son intégralité. Mais ci cela est le cas dans certaines académies, c’est à cause du manque d’information sur ce dispositif, d’assistantes sociales pour traiter l’ensemble des demandes et des critères arbitraires et beaucoup trop restrictifs.
Augmentation des charges et stagnation du budget de fonctionnement… Qui va payer l’addition ?
Le budget accordé au titre du fonctionnement au réseau des œuvres n’augmente pas pour 2011. Alors que les missions des CROUS, et par répercussion les charges qui pèsent sur eux, ne cessent elles de s’accroître, la stagnation du budget de fonctionnement remet en cause la possibilité pour les CROUS d’entreprendre et de mener à bien l’ensemble de leurs nouveaux projets pour la vie étudiante.
L’augmentation du nombre de chambres en résidences universitaires gérées par les CROUS et du nombre de repas servis dans le cadre de la restauration universitaire, la hausse du coût des denrées et des fluides, engendrent une importante augmentation des dépenses pour le réseau des œuvres, mais que refuse d’assumer aujourd’hui l’Etat.
Il y a de quoi s’inquiéter en ce qui concerne les conséquences de ce désengagement financier progressif de l’Etat. En assumant une part de moins en moins importante de l’activité du réseau, l’Etat contraint les CROUS à équilibrer leur budget par le développement de leurs ressources propres, provenant très majoritairement des recettes de la restauration étudiante et des loyers des résidences universitaires. C’est donc encore une fois les étudiants qui devront payer de leur poche les conséquences du désengagement de l’Etat.
Malvina Pelay, Élue au CNOUS






















































































































