L’université de Nîmes vient de voter le passage en grand établissement : un risque pour les droits étudiants
Depuis deux ans, la carte universitaire subit de profondes transformations. Constitutions de Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES), fusions d’universités, changements de statuts sont autant de bouleversements importants qui s’enchaînent sans aucun pilotage national ni concertation avec les étudiants. Ces réorganisations, dont le seul et unique moteur est la mise en concurrence, mettent en danger la continuité du service public d’enseignement supérieur. En particulier la question de l’uniformité des statuts des universités est remise en cause dans ce mouvement de restructuration. En effet, la course à l’excellence organisée par le ministère de l’enseignement supérieur pousse les universités à se démarquer les unes des autres pour rester du côté des établissements dits compétitifs. Ainsi, de plus en plus d’établissements cherchent à s’exonérer des règles nationales qui régissent l’enseignement supérieur et cela aux dépens des étudiants.
C’est le cas de l’université de Nîmes qui a voté, le 17 novembre 2010 le passage au statut de « grand établissement ». Ce vote constitue une régression sans précédent pour les étudiants nîmois. Le statut de grand établissement permet aux universités de sortir des cadres légaux qui régissent le service public d’enseignement supérieur, notamment en termes de sélection et frais d’inscription. L’exemple de l’université de Paris 9 est flagrant. Cette université est devenue un grand établissement en 2004, ce qui a permis une augmentation des frais d’inscription jusqu’à 4000 euros par an et d’une sélection en première année. Or l’introduction de sélection ou l’augmentation des droits universitaires pour l’université de Nîmes aurait des conséquences catastrophiques pour l’ensemble des étudiants de la région. L’implantation de filières non sélectives et aux frais d’inscription régulés nationalement à Nîmes permet d’accueillir un public avec une mixité sociale forte. Toute augmentation des frais d’inscription ou toute sélection des étudiants à l’entrée de l’université serait non seulement injuste mais surtout fermerait les portes de l’enseignement supérieur au public actuel des étudiants nîmois.
Les élus « UNEF et associations étudiantes» dénoncent fermement le passage de l’université de Nîmes au statut de grand établissement. Par ailleurs, conscients que les rapprochements non régulés entre universités pour constituer des pôles d’excellence (comme à Montpellier) mettent en péril l’avenir des petites universités et les poussent à se doter de statuts dérogatoires pour ne pas disparaitre, les élus « UNEF et associations étudiantes » exigent un moratoire sur les processus de restructuration actuels, ainsi que l’ouverture d’un débat national sur la carte universitaire.
Maria Cotora
Élue au CNESER






















































































































