Protéger et gagner de nouveaux droits pour les étudiants étrangers !

Accueil et séjour des étudiants étrangers : un système injuste et incohérent

En France, l’accueil et le séjour des étudiants étrangers sont encadrés par un système injuste et incohérent. Injuste car les étudiants subissent de plein fouet une triple précarité :
• une précarité sociale : les étudiants étrangers n’ont pas accès au système d’aide social en France(en dehors de l’aide d’urgence ponctuelle du CROUS).
• une précarité administrative : les étudiants étrangers subissent une lourdeur des démarches pour l’obtention et le renouvellement du titre de séjour.
• une précarité pédagogique : des difficultés sociales et administratives qui entrainent les étudiants dans la spirale de l’échec et qui sont aggravées par l’absence de dispositifs d’aide pédagogique.

Alors que les étudiants français et étrangers sont égaux dans les amphis, ils restent inégaux face à la loi

Cette situation alarmante dans laquelle se trouvent les étudiants étrangers s’inscrit dans un contexte chargé de préjugés xénophobes véhiculés par le gouvernement. L’immigration serait synonyme de menace pour l’identité nationale. Et ce débat nauséabond amorcé par Brice Hortefeux n’est que l’illustration d’un véritable harcèlement du gouvernement envers les étrangers, qui se traduit par « une politique du chiffre ». Des quotas d’expulsions et de contrôle des cursus pédagogiques des étudiants étrangers sont fixés pour les préfectures par le ministère.

Comment un préfet peut-il juger de la réussite d’un parcours pédagogique ? Sous couvert de vouloir respecter les chiffres de reconduite à la frontière dictés par le ministère les préfets accentuent considérablement la précarité administrative des étudiants étrangers.

Quelle feuille de route pour les élus étudiants ?

Le rôle des élus étudiants est d’agir pour permettre aux étudiants étrangers de gagner de nouveaux droits collectifs mais aussi d’intervenir pour les accompagner et les défendre dans leurs démarches individuelles.

Obtenir des droits pour les étudiants étrangers c’est tout d’abord leur permettre d’avoir accès à l’éducation et à l’université.

Ainsi, les élus « UNEF et associations étudiantes » à Nanterre ou encore à Versailles St Quentin, ont fait voter une motion dans laquelle était inscrit que l’université ne devait plus rendre le contrôle du titre de séjour obligatoire lors de l’inscription.

Pour faciliter les démarches administratives et améliorer l’accueil des étudiants étrangers, il faut mettre en place et développer les guichets uniques. Ces guichets ont vocation à regrouper sur l’université ou dans les CROUS l’ensemble des services dont l’étudiant étranger a besoin (CROUS, université, CAF, Préfecture…).

Par ailleurs, à ces droits collectifs doivent s’ajouter une défense individuelle. Dès l’inscription, les étudiants étrangers rencontrent des difficultés liées à la procédure de demande d’admission préalable (DAP).

En effet, nombreux sont les étudiants qui ont été admis dans une université qui ne correspond pas au lieu d’hébergement qu’ils ont en France ou tout simplement les étudiants qui n’ont pas, pour diverses raisons, pu faire la DAP à temps. Contrairement à ce que peuvent dire certaines universités, les dérogations sont possibles. Lorsqu’il n’existe pas de commissions de dérogation dans l’université, les élus étudiants peuvent aider, au cas par cas, auprès du président de l’université, les étudiants étrangers à déroger à la DAP.

Tout au long de l’année, les étudiants étrangers doivent être défendus, notamment en ce qui concerne les difficultés liées au renouvellement du titre de séjour. Les élus « UNEF et associations étudiantes » développent des cycles de formation pour les élus étudiants.

Laure Delair
Élue au CA de Paris 12-Créteil

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