Nouvelle licence : Des annonces encore trop floues, l’UNEF attend des précisions

Six mois après l’annonce de l’ouverture du chantier pour une nouvelle licence, Valérie Pécresse a présenté mercredi les grandes orientations de sa réforme. Après l’échec du plan réussite en licence, l’UNEF demande à la ministre des précisions sur son dispositif.

La réussite en licence : une priorité pour les étudiants.

Avec un taux d’encadrement dérisoire (la France se situe à l’avant dernière place des pays de l’OCDE), des pratiques pédagogiques inadaptées ainsi qu’une trop forte hétérogénéité dans le contenu des diplômes, la licence est devenue le parent pauvre de l’enseignement supérieur. Alors que les enseignements de premiers cycles accueillent près de 60% de la population étudiante, 40% des étudiants échouent en première année.

Depuis 2007, et malgré les interpellations répétées de l’UNEF, la question de la réussite des étudiants en licence n’est restée pour Valérie Pécresse qu’au rang des déclarations de bonnes intentions. En particulier, le plan réussite en licence lancé en 2008 n’a pas bénéficié des moyens nécessaires ni d’une règlementation suffisamment contraignante pour porter ses fruits. L’UNEF alerte la ministre contre un nouveau « symptôme du plan licence » laissant encore toute la liberté aux universités d’appliquer ou non les mesures attendues par les étudiants.

Des annonces qui vont dans le bon sens mais qui manquent encore d’ambition.

L’UNEF se félicite que ses demandes répétées d’une règlementation des volumes horaires aient été entendues par la ministre. L’UNEF compte sur cette nouvelle règlementation pour harmoniser le contenu des enseignements et mettre fin aux licences à 15h de cours par semaines.

Cependant l’UNEF s’inquiète que le manque d’encadrement en particulier en première année ne permette pas à cette mesure de remplir pleinement ses objectifs. Une augmentation des volumes horaires doit aller de pair avec un véritable plan de recrutement d’enseignants et de personnels d’encadrement.

La réouverture de l’arrêté licence doit permettre un cadrage national des modalités d’examen.

La règlementation des licences régie par l’arrêté de 2002 laisse aujourd’hui trop de liberté aux universités en matière de pratiques pédagogiques, de contenu des formations et de modes d’évaluation. L’UNEF alerte la ministre sur la nécessité d’une harmonisation par le haut des bonnes pratiques pédagogiques dont sont privés de nombreux étudiants faute de règlementation.

L’ouverture de l’arrêté licence doit être l’occasion à ne pas manquer pour mettre fin à des aberrations pédagogiques (notes éliminatoires, suppression des rattrapages, absence de compensation des notes entre les semestres…) qui condamnent des étudiants à des situations d’échec artificiel.

Une réforme réussie de la licence nécessite deux piliers : des moyens supplémentaires et un cadrage règlementaire. Ce n’est qu’à l’aune de ces éléments que les étudiants pourront juger la réforme entreprise par Valérie Pécresse