Un statut social pour tous les jeunes
L’université doit permettre à chacun, quelque soit son origine sociale d’avoir un diplôme pour s’émanciper, accéder à un emploi qualifié et se protéger sur le marché du travail. Malheureusement, les inégalités sociales déterminent encore l’accès aux études de son choix et la possibilité de les réussir.
La reproduction sociale, encore une réalité dans nos universités
De plus en plus de jeunes ont accès à l’enseignement supérieur, pourtant faire des études et accéder à son autonomie coûte cher (inscription, frais de scolarité, restauration, loyer, transports…). Cette situation oblige les étudiants à trouver un moyen de financer leurs études. Un étudiant sur deux occupe une activité rémunérée. Cependant le salariat étudiant est très handicapant pour réussir ses études. La famille reste donc la principale source de financement. Cette situation fait exploser les inégalités sociales. La reproduction sociale reste très forte dans l’enseignement supérieur : on retrouve 3% de fils d’ouvriers en 3ème cycle alors que qu’ils étaient près de 15% en 1er cycle, et 40% des étudiants salariés échouent avant d’accéder à un diplôme. La jeunesse est la seule période qui n’est pas reconnue dans la société. L’absence de tout statut social protecteur conditionne encore nos choix d’études et de vie, au carcan familial. L’accès à l’autonomie est quasiment impossible jusqu’à l’obtention du premier emploi stable (27 ans en moyenne).
Un système d’aides sociales à bout de souffle
A l’origine de cette situation, le système d’aide sociale actuel, mis en place après la seconde guerre mondiale, qui n’a pas su s’adapter à la multiplication par dix des effectifs étudiants dans l’enseignement supérieur en l’espace de quelques années. Le système actuel est insuffisant. Un étudiant sur deux (boursiers ou non) est obligé de travailler pour financer ses études. De plus, il est injuste. L’Etat consacre plus de moyens pour les familles les plus favorisées par le biais des exonérations d’impôts (1,7 milliard d’euros) que pour financer le système de bourse (1,3 milliard).
Un statut social pour tous avec comme pierre angulaire l’allocation d’autonomie
Face aux évolutions de la société et pour répondre aux besoins de formation initiale et de qualification des individus, il est indispensable de mettre en place un statut social qui reconnaisse que chaque jeune a droit « à l’indépendance matérielle tant personnelle que sociale », comme ce fut le cas après la guerre avec la mise en place du statut des retraité pour les vieux travailleurs. Ce statut social doit permettre à chaque jeune d’étudier et d’être autonome. L’outil indispensable pour y parvenir est la mise en place d’une allocation d’autonomie. Il s’agit d’une aide financière unique, calculée en fonction de la situation propre de l’étudiant et non celle de ses parents comme c’est le cas de la bourse actuellement. Financée par la refonte des aides existantes, mais surtout par un choix d’investissement massif dans la jeunesse, l’allocation d’autonomie ne représente pas un « coût » pour la société mais un véritable investissement pour l’avenir et le choix d’une autre société, basée sur la solidarité et la responsabilité collective et non celle d’un individu seul contre tous.
Des moyens immédiats pour y parvenir
Le statut social de l’étudiant se construit pas à pas. Chaque avancée sociale supplémentaire contribue à l’amélioration significative des conditions de vie des étudiants. Le maintien de la bourse en cas de redoublement, la création d’un 6ème échelon de bourse, le gel des tarifs de restauration dans de nombreux CROUS ou encore plus récemment l’obtention d’un dixième mois de bourse pour tous les boursiers, toutes ces victoires font du statut social pour les jeunes, un horizon qui n’est pas indépassable. Elles révèlent une urgence à répondre à la précarité étudiante et permettent pas à pas d’accéder à son autonomie






















































































































