La pédagogie à l’université

Dès la première année, tu vas choisir une discipline principale, et la plupart des enseignements vont te permettre d’explorer cette discipline plus en profondeur. A mesure que tu progresseras dans tes études, tu vas te spécialiser de plus en plus. Mais dans la plupart des cursus universitaires, il y a également des matières qui sont indispensables à tous les étudiants : langues, cours d’informatique, voire du sport ou des pratiques culturelles… Certaines universités proposent même la possibilité de suivre une matière au choix, qui n’a pas forcément de rapport direct avec la discipline principale, soit sous la forme d’une matière (UE) libre, soit par un système de discipline mineure (par exemple, un cursus droit avec une mineure sciences politiques). Le système universitaire offre donc des cursus très variés aux étudiants, qui doivent donc « composer » eux-mêmes leur année universitaire au moment des inscriptions.

Les cours magistraux et les TD

Les enseignements sont organisés en semestres, et il n’y a pas forcément de continuité pédagogique entre les deux semestres d’une année. En d’autres termes, tu peux suivre un cours que tu ne retrouveras pas forcément au second semestre, et vice versa. Il existe deux types de cours à l’université : les cours magistraux (CM) et les travaux dirigés, les TD (ou travaux pratiques dans les études scientifiques). Les CM sont généralement assurés en amphi, et ils sont dispensés parfois à plusieurs centaines d’étudiants en même temps. C’est souvent le cours théorique, qui donne les bases de la discipline. Les travaux dirigés, quant à eux, servent à approfondir le cours théorique, à l’illustrer par des exemples ou l’étude d’une œuvre par exemple. C’est un cours qui complète le CM et doit te servir aussi à mieux te l’approprier : les TD sont en effet des cours en petits groupes, qui permettent de mieux les comprendre. Pour les études scientifiques, les TP fonctionnent de la même manière : expériences, mise en pratique du cours théorique.

L’évaluation des connaissances

L’évaluation des connaissances suit cette organisation de l’année universitaire. A chaque semestre, une session d’examens est organisée : ce sont les évaluations en contrôle terminal. De même, pour chaque semestre, une deuxième session d’évaluation a lieu, au moins un mois après la première. Ce sont les rattrapages. Mais il existe aussi une évaluation plus progressive, qui a lieu tout au long de l’année universitaire. Le contrôle continu est souvent organisé pendant les TD, plusieurs fois par semestre, sous forme d’exposés, de travail personnel (dossiers, présentations…), ou d’examen sur table. Cette évaluation plus fréquente permet à chaque étudiant de pouvoir progresser, et d’organiser son travail.

La validation du semestre

Pour valider ton semestre, tu dois valider tes différentes unités d’enseignements (UE), qui se voient chacune attribuer des crédits européens, les ECTS. La validation d’un semestre correspond à l’attribution de 30 crédits ECTS, une année à 60 crédits. Les crédits correspondent à un contenu pédagogique, reconnu au niveau européen. Ce système, mis en place en 2003 lors de la réforme dite du LMD (Licence-Master-Doctorat) devrait théoriquement à faciliter la mobilité étudiante à l’échelle européenne.

Pour bien réussir à l’université

Être étudiant à l’université signifie souvent une grande liberté, et implique un travail personnel important et régulier. L’étudiant est en effet livré à lui-même pour organiser son travail sur l’ensemble du semestre. Cette grande autonomie tient à la fois à la façon dont sont dispensés les enseignements, qui rendent parfois l’appropriation du cours difficile pour l’étudiant, et à l’évaluation pédagogique, beaucoup moins régulière qu’au lycée. La question de la pédagogie et de la réussite des étudiants devrait être une dimension primordiale du système universitaire, mais de tels modes de transmission des savoirs engendrent un échec important. Si un changement en profondeur du système universitaire s’impose face à cela, certaines universités mettent en place des dispositifs pédagogiques destinés à accompagner les étudiants : le tutorat en est l’une des formes les plus courantes. Ce sont des étudiants en master qui assurent des séances de tutorat, qui permettent un suivi plus individualisé, et permettent à l’étudiant d’être aidé dans son travail ou de prendre plus de temps pour apprendre à faire des recherches, par exemple.
Ces dispositifs peuvent prendre d’autres formes : stages de rentrée pendant une à deux semaines (remise à niveau intensive, ou apprentissage des bases d’une discipline jamais étudiée auparavant), renforcement des heures de cours dans une ou plusieurs disciplines… Quelques universités prennent également en compte une contrainte très fréquente pour les étudiants, le salariat, en adaptant les horaires de cours (le soir, ou le samedi), en organisant des stages de renforcement à chaque semestre, en diversifiant les modes d’évaluation (dossiers, oraux etc.) et en mettant en place un « statut » pour les étudiants salariés, qui sont confrontés à des difficultés bien spécifiques (absence aux cours, difficultés d’emploi du temps, évaluation en contrôle terminal uniquement…) S’ils ne doivent pas remplacer une véritable réflexion sur le fonctionnement du système universitaire et sur la manière dont les étudiants doivent bénéficier de meilleures conditions de travail, ces dispositifs cherchent néanmoins à pallier en partie les difficultés pédagogiques rencontrées par les étudiants.