Nomination de Laurent Wauquiez : L’UNEF jugera le ministre sur ses actes

Le jeu de chaises musicales provoqué par la nomination de François Baroin au ministère de l’économie et des finances, a mis fin hier au mandat de Valérie Pécresse à la tête du ministère de l’enseignement supérieur. Laurent Wauquiez, ex secrétaire d’Etat à l’emploi, lui succède à ce poste. L’UNEF s’interroge sur une passation précipitée et qui contient de nombreuses zones d’ombres quant aux priorités du nouveau ministre.

Pécresse : un mandat marqué du sceau de l’élitisme

Le départ de Valérie Pécresse de l’enseignement supérieure est l’occasion de tirer le bilan des quatre années de mandat. D’un côté l’autonomie des universités, le financement à la performance et la baisse des crédits affectés aux premiers cycles laissent derrière elle un service public fragilisé et au sein duquel les inégalités se sont creusées. De l’autre, la timidité du plan réussite en licence de 2008 ainsi qu’une réforme de la licence laissée en chantier ont préservé un taux d’échec en première année de plus de 40%.

Sur le plan social, la ministre s’est refusée à s’attaquer en profondeur à la précarité étudiante. Si l’élargissement du nombre de boursiers et la mise en place du 10ème mois de bourse ont été des réponses importantes aux revendications étudiantes, celle qui se disait la ministre des étudiants n’a jamais pris la mesure des conséquences de la crise économiques sur les conditions de vie et d’étude. Faute de mesures sociales d’accompagnement d’envergures, la démocratisation de l’enseignement supérieur a connu un coup d’arrêt. La part d’étudiants issus de milieux modestes s’est réduite ces quatre dernières années – passant de 35% en 2006 à 31% en 2010 (Source : OVE).

Wauquiez : il va falloir dissiper les zones d’ombre

Le nouveau ministre, rédacteur d’un dossier sur les conditions de vie étudiantes, a su, par le passé, prendre la mesure de l’urgence d’un vaste plan social pour les étudiants. Cependant, ses positions récentes sur le RSA ainsi que son bilan contre le chômage ne constituent pas des signaux rassurants pour les étudiants.

La période estivale, durant laquelle sont redéfinies les modalités de la rentrée (frais d’inscription universitaires, barème des bourses, prix du ticket de restauration…), sera l’occasion pour lui de dissiper les zones d’ombre. L’UNEF exige que le ministre tienne la promesse de Valérie Pécresse de verser un 10ème mois de bourse complet à tous les étudiants boursiers en septembre prochain. L’urgence de la situation sociale impose d’aller plus loin que la simple réalisation des promesses passées. L’UNEF demande au ministre d’engager au plus vite une discussion autour de la revalorisation des bourses afin d’endiguer la hausse du coût de la vie étudiante.

L’UNEF sera par ailleurs attentive aux premières prises de position du nouveau ministre de l’enseignement supérieur notamment concernant les discussions en cours autour du « chantier » licence. L’UNEF demande au ministre de se positionner clairement sur les revendications formulées ces derniers mois par les étudiants. Le renforcement de l’encadrement des étudiants et la mise en place d’un cadrage national des modalités d’examen sont des sujets de préoccupation majeure qui doivent se concrétiser en actes.

C’est à l’aune de ces éléments que l’UNEF jugera l’attitude du nouveau ministre à l’égard des étudiants.