Motion concernant les révolutions arabes

Les révolutions en Tunisie et en Egypte ainsi que les soulèvements initiés par la jeunesse en Syrie, au Yémen, en Jordanie, à Bahreïn et au Maroc expriment de fortes aspirations en matière de justice sociale et de démocratie. Mais 4 mois après la chute de Ben Ali et d’Hosni Moubarak, les peuples tunisiens et égyptiens sont confrontés aux difficultés des transitions démocratiques.

Face aux dangers antirévolutionnaires incarnés par le maintien au pouvoir de nombreux responsables de l’ancien régime et le pouvoir de l’armée, l’UNEF soutien fermement le mouvement social qui continue de se mobiliser des usines des provinces tunisiennes à la place Tahir.

L’UNEF condamne l’attitude de la communauté internationale qui, après avoir longtemps soutenu ces régimes autocratiques avant d’exprimer leur solidarité de dernière heure, conditionne aujourd’hui ses aides financières de structures économiques favorisant la concurrence et l’ouverture aux secteurs privés et instrumentalise la question de l’immigration à des fins de politiques intérieures. L’UNEF appelle à la mise en œuvre de nouvelles politiques de développement et de coopérations seules capables de répondre aux exigences exprimées en matière de justice sociales.

Mais dans la région, la solidarité internationale doit aussi passer de toute urgence par des campagnes de soutien et des condamnations fermes à l’égard des révoltes en cours et des écrasements meurtriers.

Alors que les troupes d’Arabie Saoudite repartent actuellement dans le plus grand secret après des entrées au Bahreïn en mars dernier lors de l’intervention visant à réprimer les manifestations hostiles au régime, des dizaines de yéménites continuent de manifester chaque vendredi.

Au Maroc, des irrégularités massives ont marqué le référendum dédié à une réforme constitutionnelle, loin d’assurer la mise en place d’un véritable régime démocratique.

En Syrie, la répression sanguinaire du régime de Bachar Al Assad continue chaque jour de monter d’un cran. Face au plus de 1500 morts et aux centaines d’arrestations, le silence de la communauté internationale est assourdissant.

Alors que la victoire de chaque mouvement démocratique est essentielle pour la reconnaissance des aspirations exprimées par les peuples mobilisés au Maghreb et au Moyen-Orient, l’UNEF appelle de toute urgence à faire preuve d’une détermination plus forte pour appliquer le droit international et contraindre le pouvoir syrien à l’arrêt immédiat de la répression et des crimes à l’encontre de la population syrienne.