3 questions à … Clément Boudin, président de l’AFIJ

La Lettre des Élus : Peux-tu nous présenter en quelques mots l’AFIJ ?

Clément Boudin : L’AFIJ est née en août 1994 au lendemain d’une forte mobilisation de la jeunesse. En effet, l’insertion professionnelle des jeunes, n’est pas une problématique nouvelle. En 1994, face à de réelles difficultés pour les jeunes sur le marché de l’emploi, le gouvernement propose la mise en place du CIP – ou Contrat d’Insertion Professionnelle – (dont le CPE de 2006 s’inspire). Ce contrat visant à instaurer un statut particulier aux jeunes dans l’emploi fut rejeté par la majorité des jeunes, qui le firent savoir en descendant massivement dans la rue.

Si cette proposition ne fit pas l’unanimité, une réponse à la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes restait nécessaire.

Ainsi, l’AFIJ – Association pour Faciliter l’Insertion des Jeunes – est née de la volonté de toutes les organisations étudiantes représentatives et des mutuelles étudiantes d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de l’insertion professionnelles des jeunes sortants avec ou sans diplômes de l’enseignement supérieur.

L’AFIJ, les universités et les différents ministères en charge des politiques jeunesses. Elle a pour finalité de faciliter et d’améliorer l’insertion professionnelle des étudiants.

LDE : Depuis 2007, l’université a pour mission de permettre l’insertion professionnelle des jeunes avec la  création des Bureaux d’Aide à l’Insertion Professionnelle. Quelles sont les propositions de l’AFIJ pour permettre aux établissements de jouer pleinement ce rôle ?

Clément Boudin : Les universités se doivent d’utiliser tous les moyens mis à leur disposition pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes qui passent par leur établissement. Particulièrement dans un contexte économique difficile où l’insertion professionnelle des jeunes est de plus en plus dure quel que soit leur niveau de formation.

Mais au-delà  de la crise économique, de nombreux jeunes rencontrent des difficultés à s’insérer professionnellement car ils se retrouvent désarmés en arrivant aux portes du marché de l’emploi. Rédiger un CV, passer un entretient d’embauche, s’orienter sur le marché de l’emploi, ne relèvent pas d’une qualité propre à chacun, mais d’une préparation nécessaire pour tous.

De la définition de son projet professionnel jusqu’à l’insertion sur le marché du travail, il y a autant de points d’étapes nécessaires pour être bien préparé en amont de la sortie des études. Notamment si nous ne voulons pas laisser prospérer des inégalités ou discriminations face à l’accès à l’emploi, où seuls ceux bénéficiant d’un soutien familiale ou personnel « compétent » peuvent réaliser leur projet d’insertion professionnelle.

L’université, accueillant un panel d’étudiants le plus large, doit intégrer dans ses cursus des modules de préparation à l’insertion professionnelle et organiser des temps de présentation des filières de métiers  tout au long des parcours de formation.

La généralisation de ce type de pratique dans les BAIP en lien avec les acteurs de l’emploi tel que l’AFIJ, permettra de mettre les étudiants dans de meilleurs dispositions pour leur insertion professionnelle.

LDE : Tous les ans, 100 000 jeunes sortent de l’enseignement supérieur sans diplôme. Alors qu’il reste la meilleure protection contre le chômage, comment l’AFIJ peut elle aider ces étudiants « décrocheurs » ?

Clément Boudin : Il y a effectivement aujourd’hui un nombre trop important de jeunes qui sortent de l’enseignement supérieur sans avoir achevé leur cursus. Les facteurs sont multiples, situation sociale poussant à une insertion rapide sur le marché du travail, problème d’orientation ou désir d’arrêter sa formation initiale. Le problème est qu’un jeune se retrouvant dans cette situation a plus de chances de se retrouver au chômage qu’un autre étudiant sortant diplômé.

Depuis 2 ans, l’AFIJ mène l’expérimentation « Rebond » en direction de ces jeunes pour les accompagner dans la définition de leur projet professionnel et les orienter. L’objectif de ses actions est de repérer au plus tôt ces étudiants « décrocheurs » et leur proposer un accompagnement individuel. Il aura pour but de favoriser le retour à une formation et/ou l’accès à l’emploi, en privilégiant une orientation vers les métiers dit en « tension » pour favoriser leur insertion professionnelle.

L’objectif étant de ne pas laisser les jeunes sortants sans diplômes de l’enseignement supérieur dériver progressivement vers le chômage, mais de les aider à construire leur projet professionnel et surtout d’y parvenir !

Propos recueillis par Emmanuel Zemmour
Élu au CNESER

 

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