4 questions à … Gilles Raby, Président du comité de suivi licence
LDE : Pouvez-vous nous présenter en quelques mots ce qu’est le comité de suivi de la licence ?
Gilles Raby : Les arrêtés du 17 novembre 1999 et du 23 avril 2002 contiennent respectivement la création d’un comité de suivi pour la licence professionnelle et d’un comité de suivi pour la licence. Ces comités, qui associent le CNESER, des représentants des universités et des secteurs de formation, se réunissent simultanément. Leurs attributions sont définis dans les arrêtés précités, ils sont en particulier chargés de conduire une réflexion sur la liste des dénominations nationales, d’analyser les démarches innovantes proposées par les établissements et de veiller à la cohérence entre la capacité d’innovation des établissements et la nécessaire lisibilité nationale et internationale des diplômes nationaux. Faciliter le choix et la réussite des étudiants, la reconnaissance de leurs diplômes et leur mobilité font également partie des objectifs du comité de suivi de la licence.
Les travaux des comités de suivi sont présentés tous les ans au CNESER sous la forme d’un rapport qui formule des propositions en direction tant du ministre chargé de l’enseignement supérieur que des universités.
LDE : Le bilan du plan réussite en licence lancé en 2007 par la ministre Valérie Pécresse est plus que mitigé. Quelles sont selon vous les raisons de cet échec ?
Gilles Raby : Avant de parler d’un éventuel échec encore faut-il dresser un bilan et, pour faire un bilan objectif il faut prendre du recul. Le plan réussite en licence a été lancé en cours d’année universitaire 2007-2008, puis l’année suivante a connu quelques perturbations, bref c’est vraiment en 2009-2010 que le plan a pris toute sa dimension, tous les rapports partiels sur ce sujet ont été établis trop tôt pour apporter un jugement pertinent. Par ailleurs le succès d’une telle opération ne se mesure pas exclusivement au taux de réussite en licence, il faudrait pouvoir analyser les réorientations et leur réussite. Le comité de licence a lancé une enquête auprès des universités, le taux de réponses est actuellement de 83% ce qui va permettre de faire une analyse précise sur les différents dispositifs et pratiques pédagogiques mis en œuvre dans les universités. Une visite d’une dizaine d’universités complétera cette analyse.
LDE : La ministre vient d’annoncer la mise en place d’un comité pour « une nouvelle licence » et l’ouverture des arrêtés licence. Sur quoi peut déboucher ce comité ?
Gilles Raby : Le comité d’orientation a pour mission de faire des propositions de modifications de l’arrêté d’avril 2002. Cet arrêté a été rédigé dans la hâte, il faut reprendre et actualiser son contenu et surtout il faut fixer les objectifs de la licence en prenant en compte d’une part le décret du 8 avril 2002 portant application au système français d’enseignement supérieur de la construction de l’Espace européen de l’enseignement supérieur et, d’autre part, la Loi LRU d’août 2007 qui assigne aux universités une mission d’orientation et d’insertion professionnelle des étudiants.
L’établissement concerté de référentiels, pour chaque mention de licence, devrait permettre de préciser les connaissances et les compétences minimales que chaque étudiant doit avoir acquis, dans une mention donnée afin qu’il puisse soit accéder à n’importe quel Master associé à la mention, soit s’insérer professionnellement.
Le comité d’orientation va mener des auditions des différents acteurs concernés par la formation et je veillerai à ce que le comité de suivi de la licence soit pleinement et régulièrement associé aux réflexions en cours.
LDE : Que pensez-vous de la proposition des « élus UNEF et associations étudiantes » d’instaurer un cadrage national des modalités de contrôle de connaissances, afin de garantir l’égalité des étudiants face aux examens ?
Gilles Raby : J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le document de l’UNEF sur « le diplôme de licence : un défi pour la réussite de tous » qui présente un travail de réflexions approfondi. J’ai constaté que la revendication sur une nouvelle règlementation des modalités d’examens est la première des six priorités affichées. Il faudra trouver un juste équilibre entre les initiatives des établissements et la nécessaire cohérence nationale. Les arrêtés d’avril 2002 laissent beaucoup de libertés en matière d’évaluation des étudiants, ce qui a comme conséquence une grande disparité entre universités. Par exemple la question liée à la compensation mérite d’être étudiée ainsi que le fonctionnement du « jury de diplôme » prévu dans l’arrêté.
L’objectif doit avant tout rester la réussite du plus grand nombre non seulement dans un objectif d’obtention du diplôme mais aussi, et peut-être surtout, dans un objectif d’acquisition de connaissances et compétences permettant la réussite dans le cadre d’une poursuite d’études ou d’une insertion professionnelle.
Propos recueillis par Morand Perrin
Élu au CNESER






















































































































