Le scandale des logements conteneurs

Dans les années 1960, 200 000 étudiants se trouvaient sur les bancs de l’université, et 100 000 places en résidence universitaire étaient mises à leur disposition. Depuis, l’enseignement supérieur s’est massifié et compte plus de deux millions d’étudiants. Pourtant, le nombre de logements disponibles plafonne à 155 000.

Une situation de pénurie de logements étudiants qui exige des solutions

Force est de constater que le CROUS, qui gère le logement social pour les étudiants, a aujourd’hui bien du mal à répondre à ses missions.  Le désengagement de l’Etat dans le réseau des œuvres dissuade de nombreuses académies  de rénover les résidences universitaires, qui se délabrent de plus en plus.

D’autre part, les opérations de construction se font rares, et ceux qui s’engagent sur cette voie s’endettent sur plusieurs années en contractant des prêts. Nous sommes loin des promesses du plan Anciaux, rapport qui préconisait en 2004 la construction de 50 000 nouveaux logements et la rénovation de 70 000 autres. Si le gouvernement voulait tenir ces engagements, ce sont 6 500 constructions et 8 000 rénovations chaque année qu’il faudrait réaliser.

Les économies faites sur les conditions de vie des étudiants

Alors face à cette situation alarmante de pénurie et d’insalubrité du logement étudiant le gouvernement a mis en place des habitations « nouvelle génération », des conteneurs. Les étudiants du Havre peuvent désormais vivre dans des cubes.

Au-delà de l’aspect esthétique qui  ne s’apparente pas vraiment à celui d’un logement, les conditions de vie dans ces studios sont clairement problématiques.  Les nuisances sonores dues à l’emplacement sont très fortes et la qualité de l’isolation très mauvaise.

D’autre part, d’autres inconvénients apparaissent très rapidement, alors même que l’inauguration de ces logements nouvelle génération date de 6 mois à peine. L’eau est susceptible de passer sous les portes, et les moisissures ont fait leur apparition à l’intérieur des chambres. Sans compter les coupures d’électricités régulières.

Quelles actions pour les élus au sein des CROUS ?

Il est urgent de dénoncer ce phénomène avant qu’il ne puisse se généraliser. Déjà, d’autres conteneurs sont mis à l’agenda des CROUS, comme à Nantes par exemple. Il est indispensable d’insister sur l’échec incontestable de cette opération havraise. Dans un second temps, les élus « UNEF et associations étudiantes  » se battront, au sein des CROUS et au CNOUS pour de réelles mesures en matière de logement sociaux.

Des constructions inférieures ou égales à 16 mètres carrés, afin que les étudiants ne payent pas un loyer trop onéreux. Des rénovations, pour que les conditions de vie soient décentes, avec les douches et les sanitaires à l’intérieur des logements. Les résidences universitaires ne doivent pas être seulement des dortoirs mais des lieux de vie et de sociabilisation.

C’est pourquoi les élus s’investissent aussi dans les conseils de résidences, qui peuvent servir de tremplin pour améliorer les conditions de vie des étudiants en cité-U, mais aussi pour y développer la solidarité entre les résidents et mettre en place des événements d’animation comme des projections de films par exemple.

Pour avancer sur l’ensemble de ces problématiques, l’UNEF interpellera tous les acteurs responsables du logement étudiant, qui doivent s’engager pour changer la donne. Les financements publics ne doivent servir qu’à construire des logements gérés par les CROUS, et l’Etat ainsi que les collectivités doivent mettre à disposition des terrains publics pour la construction de nouvelles chambres.

Malvina Pelay
Élue au CNOUS

 

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