14. Droit à une évaluation au service de la progression

L’UNEF propose

L’évaluation est le processus visant à mesurer le niveau d’apprentissage des étudiants. Pour la grande majorité des étudiants, l’évaluation est effectuée par le biais des examens. Le processus a pour objectif d’évaluer la maitrise des savoirs et savoirs faire acquis par les étudiants au cours de leur formation. Nous souhaitons changer radicalement la méthode d’évaluation des étudiants à l’université pour en finir avec la sélection par l’échec et permettre la réussite de tous.

Nous assignons plusieurs objectifs à l’évaluation des étudiants :

• Faire réussir le plus grand nombre d’étudiant

• Garantir la reconnaissance officielle du niveau d’études

• Permettre la progression de l’étudiant en donnant des indications sur l’état de son niveau universitaire

Pour que ces objectifs soient remplis, il est nécessaire de repenser le mode d’évaluation afin qu’il réponde aux règles suivantes :

• Multiplier le nombre d’évaluation pour en finir avec l’examen couperet 

• Diversifier les modes d’évaluation pour estimer justement les acquis (travaux personnels encadrés, travaux pratiques, rapport…)

• Mettre en place des formes d’évaluation objectives (vérification connaissances régulières, barème fixé à l’avance, évaluation faisant abstraction d’éléments liés au capital culturel des étudiants…)

Ce qui existe aujourd’hui

La réglementation des examens

Les MCC sont le biais par lequel s’effectue l’évaluation à l’université. Alors qu’elles devraient être construites pour permettre la réussite de tous, elles s’avèrent être des outils de sélection par l’échec. En effet les règles d’examens s’avèrent être illisibles, injustes voir illégales selon les universités.

Illisibles car les règles d’examen telles qu’elles existent à l’heure actuelle sont extrêmement différentes d’une université à l’autre et parfois même entre les différentes composantes d’un même établissement. Pour une inscription dans un même diplôme, les étudiants de différentes universités peuvent être évalués avec des règles différentes ce qui crée des inégalités entre les étudiants.

Ces règles d’examens sont aussi caractérisées par leur injustice. En refusant de prendre en compte la progression des étudiants elles créent des situations d’échec artificiel. Dans 40% des universités, l’absence de compensation annuelle conduit des étudiants ayant eu la moyenne sur l’ensemble de l’année universitaire à redoubler si les deux semestres n’ont pas été entièrement validés.  

Enfin certaines règles d’examens sortent du cadre légal. De nombreuses universités en utilisant les MCC à des fins sélectives ont mis en place des règles d’examens illégales en supprimant les secondes sessions d’examens ou en instaurant des notes éliminatoires.

Cette situation est rendue possible par l’extrême faiblesse de la réglementation nationale en matière de MCC. L’arrêté licence de 2002 ne garantit plus que :

• La compensation des notes au sein du semestre

• L’organisation de secondes sessions d’examens accompagnées d’un dispositif pédagogique de soutien

• Les unités d’enseignements sont définitivement capitalisées dès lors que l’étudiant a eu la moyenne

• Le contrôle continu régulier est encouragé

• L’interdiction des notes éliminatoires n’est pas mentionnée alors que dans l’arrêté de 1997 toujours en vigueur elles sont clairement proscrites

Les modes d’évaluation à l’université

Aucun texte réglementaire n’encadre les processus d’évaluation des étudiants. Les exercices d’évaluation auxquels sont soumis les étudiants sont définis par les enseignants qui disposent d’une liberté pédagogique totale.

Si les exercices d’évaluation varient selon les champs disciplinaires, ils ne sont quasiment pas diversifiés au sein d’une même filière. De la dissertation en lettres et sciences humaines, aux QCM en psychologie en passant par les commentaires d’arrêts en droit, les modes d’évaluation des étudiants sont extrêmement restreints. En restant sur des modes d’évaluation restrictifs, les étudiants ne sont évalués que sur certaines aptitudes ce qui empêche d’estimer justement les acquis de chacun. 

L’évaluation est vécue comme une sanction par les étudiants. Si l’arrêté licence encourage le recours au contrôle continu, la majorité des universités pratique l’évaluation couperet. Les périodes d’examens sont resserrés sur une courte durée et ont lieu à la fin des semestres.  En ne permettant pas à l’étudiant d’être évalué sur le temps long, l’évaluation n’est pas appropriée par l’évalué qui ne reçoit les indications sur son niveau que lorsque tout est joué. 

Enfin le caractère discrétionnaire de la notation des étudiants pose de lourds problèmes. En ne communiquant pas les attentes générales et en ne fixant pas de barème de notation les enseignants disposent d’une liberté totale en matière de notation des étudiants. Cette absence de repères en matières de correction et de notation oblige les enseignants à juger le niveau d’un étudiant non pas en fonction de la qualité de son travail mais en le comparant aux autres étudiants. Les statistiques d’examens, sont à ce titre, évocatrices, on retrouve des taux similaires de réussite et d’échec.

Les moyens pour y parvenir

Réglementer nationalement les règles d’examens

Nous proposons que les modalités de contrôle des connaissances fassent l’objet d’une réglementation nationale contraignante pour les universités. Pour cela nous demandons la généralisation dans toutes les universités :

• De la compensation annuelle des notes

• De l’interdiction des notes éliminatoires

• De secondes sessions d’examens

Permettre une évaluation progressive des étudiants

Le contrôle continu doit faire l’objet d’un encadrement contraignant. Trop d’universités dévoient ses objectifs en se servant du contrôle continu comme un prétexte à la suppression des secondes sessions d’examens. A l’inverse de cette logique nous demandons la mise en place d’un contrôle continu non pénalisant pour les étudiants. Cela nécessite la multiplication des épreuves pour faire en sorte que le contrôle continu soit régulier et qu’il ne s’agisse pas d’un examen terminal déguisé. Enfin les étudiants ne pouvant répondre à l’exigence d’une évaluation régulière (comme les étudiants salariés) doivent pouvoir en être exemptés. 

Diversifier les modes d’évaluation

Nous souhaitons rompre avec les schémas classiques d’évaluation des étudiants. Pour cela nous proposons la diversification des exercices d’évaluation. Les travaux pratiques, les travaux de groupes, les enquêtes de terrain, les rapports et les travaux personnels encadrés doivent être généralisés. 

En finir avec l’évaluation sanction

L’objectif de l’évaluation doit être de faire progresser tous les étudiants. Pour cela les objectifs d’évaluation doivent être connus et acceptés par les étudiants. Pour cela nous demandons l’intégration des étudiants dans les jurys d’examen. Suite à l’évaluation les étudiants doivent bénéficier de droits comme :

• La consultation de leurs copies d’examens

• La correction de l’examen en cours

• Le droit à une double correction lorsque la moitié des étudiants concernés l’exigent