15. Droit à une orientation choisie et maîtrisée

L’UNEF propose

La question de l’orientation est une question fondamentale pour les jeunes : elle détermine à la fois la possibilité de chacun à maitriser son parcours scolaire pour atteindre le but professionnel défini, mais est également un facteur important de la réussite. Un étudiant a toujours plus de chance de réussir dans une filière qui lui correspond et dans laquelle il a envie de s’investir.  

L’enjeu est de donner à chaque jeune tous les outils pour réussir son orientation. L’acquisition de ces outils ne peut reposer uniquement sur la responsabilité des familles. Pour que l’orientation soit ouverte à tous, il faut mettre un place un véritable service public d’orientation. Ce service public doit accueillir, puis suivre individuellement les jeunes de la troisième à la fin de leur étude. Les jeunes doivent avoir la possibilité d’être mobile dans leur parcours. 

Ce qui existe aujourd’hui

La liberté d’accès à l’enseignement supérieur

«Tout candidat est libre de s’inscrire dans la filière de son choix. » (Article 14 de la loi Savary de 1984). En principe, les futurs étudiants ne peuvent donc pas être limités dans leur choix de filière universitaire. Cependant les universités détournent parfois la loi, et trouve les moyens pour instaurer une forme de sélection à l’entrée de leurs filières, notamment par le développement de filières dites sélectives. 

Le système « admission post bac »

Depuis 2007, les lycéens s’inscrivent dans l’enseignement supérieur grâce au portail web admission post bac. Après avoir transmis leurs « vœux d’orientation », les universités leur envoi un avis sur les choix qu’ils ont effectués pour les « aider à faire le meilleur choix d’inscription possible en fonction de leur potentiel et de leur motivation ».  Ce conseil peut le conforter dans son choix, lui conseiller une autre filière mieux adaptée, ou lui proposer un entretien pour un conseil personnalisé. Mais il a également des effets pervers en dissuadant un certain nombre de lycéens de poursuivre dans la filière de leur choix. Par exemple, on déconseille quasi systématiquement les filières universitaires générales aux lycéens en établissements professionnels ou technologiques. 

L’orientation dans le supérieur

Une fois dans les universités l’orientation se limite trop souvent aux bureaux des Services Communs Universitaire d’Insertion et d’Orientation (SCUIO), créés en 2007. Faute de moyens et de personnels leur efficacité reste cependant limitée. 

Les moyens pour y parvenir

Permettre une orientation progressive

Les choix d’orientation interviennent de façon trop précoce. Dès la troisième, on demande aux jeunes de faire des choix qui détermineront l’ensemble de leur parcours scolaire et leur avenir professionnel. Mais à 15 ans, la plupart n’ont pas encore fait de choix définitif sur leur avenir professionnelle. Il faut donc permettre une orientation progressive, qui permette de faire des choix par étapes, et des choix qui ne doivent jamais être définitifs. Il faut avoir le droit à l’erreur dans son choix d’orientation, et permettre de changer d’orientation au cours de son cursus, sans repartir à zéro. 

• Une définition nationale des passerelles entre filières et des équivalences

• La définition de licences pluridisciplinaires, et la spécialisation progressive en master. 

• Mise en place au niveau national, mais aussi à l’échelle d’une université, d’un temps de réorientation choisie à la fin du 1er semestre sans perte d’une année. Cela peut être fait à l’aide d’une carte des passerelles et d’UE libre importante en première année.

Faire ses choix d’orientation en maitrisant tous les éléments

Le manque d’information est aujourd’hui cruel pour les lycéens et repose souvent sur la responsabilité individuelle. Les lycéens ne bénéficient pas de l’ensemble des informations concernant leur orientation. Leurs professeurs ne sont pas formés pour donner l’ensemble de l’information, et le manque de conseillères d’orientation ne permet pas de toucher tous les lycéens. 

• Mise en place d’un plan de recrutement de COPSY pour parvenir dans les universités à un minimum d’au moins un pour 10 000 étudiants.

• L’organisation de semaine de l’orientation dans les lycées pour permettre de faire se rencontrer des jeunes issus de ou dans différentes formations. 

• La remise à plat du système d’Admission Post Bac, pour aboutir à la mise en place d’un dispositif simplifié, unifié, qui garantisse l’inscription à chaque bachelier dans la filière de son choix. Mais qui assure aussi une mixité sociale dans l’ensemble des universités à l’aide d’une carte universitaire. 

Empêcher la sélection pour permettre l’orientation

La sélection des étudiants aux portes de l’université, des écoles, des IUT est un puissant frein à une orientation choisie. L’autonomie des universités couplée au procédé admission post bac, a accentué les phénomènes de sélection à l’entrée de l’université. Pourtant, en principe cette sélection est interdite par la loi. De plus, la sélection dans certaines filières et à l’entrée du master 2 bouche des possibilités de cursus pour les étudiants. 

• La suppression de toute forme de sélection sur les doubles-diplômes. Fin de la sélection entre le master 1 et 2 pour mettre fin à une sélection des étudiants en plein milieu de leur cursus.

• Mise en place d’une sectorisation universitaire couplée à l’ouverture de nouveaux sites universitaires et filières pour assurer l’égalité d’accès sur le territoire à l’ensemble des filières du supérieur.