17. Droit à la mobilité

L’UNEF propose

Loin de se réduire à une expérience de vie inédite la mobilité étudiante s’avère être un atout indispensable au cours des études. Quelle se situe au niveau d’une filière, au niveau national ou à l’échelle internationale la mobilité constitue une plus-value énorme dans un cursus universitaire et sur un CV. En effet ce genre d’expérience présente de nombreux intérêts et participe à la qualité d’une formation. 

La mobilité étudiante entre les filières permet de lutter contre l’échec et garantit à un étudiant qui souhaite se réorienter une transition de qualité. La mobilité nationale s’avère être indispensable pour les étudiants souhaitant poursuivre leurs études dans un domaine qui n’existe pas dans leur université d’origine. Enfin la mobilité internationale en plus d’assurer la maitrise d’une langue étrangère, participe à l’autonomie des étudiants. L’installation dans un pays étranger, l’aménagement souvent pour la 1ère fois dans un logement autonome, permet une vraie prise d’autonomie. La mobilité présente aussi un intérêt académique et culturel : la rencontre avec des méthodes d’enseignement et des écoles de pensées différentes permet une autre approche de l’enseignement supérieur et de la discipline étudiée. Mais aussi la confrontation à une autre culture permet une émancipation individuelle importante. Enfin en matière de valorisation du diplôme, la maîtrise d’une autre langue et l’ensemble des expériences qu’apporte un séjour prolongé à l’étranger sont des éléments valorisant pour une formation et participent à favoriser une insertion professionnelle réussie.

 L’UNEF demande la reconnaissance d’un droit à la mobilité pour les étudiants passant par :

• Une organisation des formations universitaires permettant la mobilité et des passerelles entre filières universitaires.

• La garantie de la mobilité nationale par la reconnaissance nationale des équivalences universitaire et par la mise en place de dispositifs financiers d’aide à la mobilité.

• Le droit à la mobilité internationale permettant à chaque étudiant à de disposer d’au moins un semestre de mobilité financé dans le cadre d’une bourse de mobilité.

Ce qui existe aujourd’hui

L’instauration des nouveaux grades L, M et D  devait permettre à l’échelle européenne une meilleure lisibilité des diplômes. S’il est incontestable que les niveaux 3, 5 et 8 sont devenus les grades standards de reconnaissance européenne des formations, l’absence de cadre national des intitulés de diplômes universitaires français a engendré avec le LMD un éclatement des formations. En laissant chaque université définir elle-même les intitulés de ses formations, la carte nationale des formations est devenue illisible. La mobilité étudiante nationale s’en est retrouvée réduite. Il est devenu compliqué de passer d’une université française à l’autre, notamment pour renter en master. La différence entre les intitulés de diplômes empêche la mise en place de procédures d’acceptation automatique. 

La mobilité internationale des étudiants relève elle-aussi plus du mythe que de la réalité. Lancé en 1987 le programme d’échange européen ERASMUS reste largement insuffisant pour garantir la mobilité au plus grand nombre d’étudiants. Moins de 1% des étudiants français poursuivent des études à l’étranger, notamment car il n’y a aujourd’hui que 30 000 bourses à la mobilité, d’un montant très faible pour plus de 2 millions d’étudiants.

Les moyens pour y parvenir

Il est urgent d’agir sur plusieurs leviers pour favoriser la mobilité à tous les échelons.

Cadrer les diplômes nationalement pour permettre la mobilité nationale

La multiplication des intitulés de diplôme et le manque de cohérence de l’offre de formation notamment au niveau Licence, empêche des milliers d’étudiants de poursuivre leur cursus dans un autre établissement. Le cadrage national des diplômes doit permettre à chacun de voir sa formation reconnue sur l’ensemble du territoire.

Favoriser la pluridisciplinarité pour permettre la mobilité entre les filières

Les formations universitaires de premiers cycles sont encore trop spécialisées ce qui ne permet pas aux étudiants qui souhaitent se réorienter de le faire dans de bonnes conditions. L’instauration de la pluridisciplinarité dans les premiers cycles doit permettre des transitions maitrisées vers d’autres filières.

Garantir la mobilité nationale par la mise en place de passerelles et d’équivalences

Les formations universitaires doivent à nouveau être cadrées nationalement pour garantir des intitulés et des contenus de diplômes homogénéisés au niveau national. Cela doit aboutir à la mise en place d’une carte nationale des formations garantissant les passerelles et équivalences pour tous les étudiants. 

Faire de la mobilité européenne un droit

La création de bureau d’accueil et d’aide à la mobilité dans toutes les universités doit permettre faciliter les démarches administratives des étudiants. Le nombre d’étudiants accédant à la mobilité européenne doit être sensiblement augmenté par la mise en place d’un fonds européen à la mobilité géré par les étudiants afin de venir en complément des aides nationales.