Conférence nationale sur le logement : une occasion manquée

A l’issue de la conférence nationale sur le logement, plusieurs annonces ont été faites. Valérie Pécresse a introduit cet évènement par un état des lieux sur l’action du gouvernement en termes de logements sociaux ces dernières années. Ainsi, le parc locatif respecterait les objectifs du Plan Anciaux, qui prévoyait en 2004 la construction massive de chambres gérées par les CROUS, et atteindrait 340 000 logements à disposition des étudiants. L’objectif affiché par la ministre serait ainsi de doubler le nombre de logements étudiants et d’atteindre le chiffre de 680 000 en 2020. Cette  conférence a également permis de mettre en avant la collocation intergénérationnelle ou encore la mise en place d’un cautionnement solidaire géré par les CROUS.

Malheureusement, ces mesures sont loin d’être satisfaisantes. En ce qui concerne l’annonce du doublement des logements étudiants, il s’agit clairement d’une supercherie. En effet, la ministre compte parmi le nombre de logements à disposition des étudiants les chambres du parc locatif privé.

Dans le parc public, les chiffres sont en deçà des annonces. Valérie Pecresse se sert des chiffres de  résidences privées pour afficher un bilan positif et détourner les objectifs fixés par le gouvernement, avec le plan Anciaux.

Le logement intergénérationnel, quand à lui, ne reste qu’une mesure très marginale et ne permettra  en rien de répondre aux besoins de logements des étudiants.

Pour ce qui est du cautionnement solidaire, c’est une mesure qui va dans le bon sens. Les

élus « UNEF et associations étudiantes » travaillent avec le CNOUS (centre national des œuvres universitaires et scolaires) sur sa mise en place et son échéancier. Malgré cette dernière mesure, cette conférence nationale sur le logement est une occasion manquée. En effet, d’autres mesures auraient pu être prises pour faire avancer la situation du logement étudiant. 

Face aux étudiants, toujours plus nombreux à faire des demandes de logements CROUS, il est urgent de respecter réellement les objectifs fixés par le plan Anciaux, ce qui induirait la  construction de 9700 chambres et la réhabilitation de 9800 autres par an, jusqu’en 2014. Pour cela, les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent un plan d’accélération qui doit être piloté nationalement par le CNOUS.

Mais agir dans le parc public ne suffit pas. Etant donné que de nombreux jeunes en formation sont logés dans le privé, il faut réglementer les loyers et plafonner ceux des surfaces de moins de 20 mètres carrés. Le laxisme des pouvoirs publics sur la question des loyers est insupportable : on compte en province, une augmentation des loyers à la relocation de 5,6 % et de 8,1% à Paris. Il est nécessaire d’agir sur tous les éléments pour que l’accès au logement ne soit plus un parcours du combattant.

Les élus « UNEF et associations étudiantes » réclament l’augmentation des APL, qui ont peu été revalorisées depuis 1994, la suppression du mois de carence et l’exonération de la taxe d’habitation.

Le rôle des élus dans les CROUS est fondamental. Tout d’abord, lors des conseils d’administration tarifaires. Ils permettent aux membres de ces conseils d’influencer les votes des tarifs de la restauration et de l’hébergement. Ce sera pour les élus « UNEF et associations étudiantes » l’occasion de défendre une tarification sociale et d’éviter les augmentations tarifaires. 

De plus, des rendez-vous de contractualisation avec le CNOUS vont prochainement avoir lieu.

Les élus « UNEF et associations étudiantes » s’y battront pour la rénovation et la construction de résidences universitaires. Ils pourront ainsi agir directement sur les conditions d’hébergement, en mettant par exemple en avant des constructions de petites surfaces, moins de 16 m2, pour permettre à plus d’étudiants d’être logés et que les loyers restent toujours abordables.

Malvina Pelay,
Élue au CNOUS

 

Partager cet article...
Commentaires...
Nos derniers articles...