Introduction

La période d’insertion professionnelle des jeunes est de plus en plus longue et de plus en plus difficile (accès au premier emploi stable à 27 ans en moyenne). L’emploi stable, autrefois passage vers le monde adulte, semble être devenu une « chance » à tel point qu’il faudrait en accepter toutes les conditions. Surreprésentés parmi les demandeurs d’emploi, ils sont les plus exposés aux effets des politiques de flexibilisation du marché de l’emploi : en 2009, le taux de chômage chez les jeunes a atteint 25,3% (source : enquête DARES, au quatrième semestre 2009), la moitié des moins de 25 ans occupent un emploi précaire alors que 80% des salariés ont un CDI, et pour 59% des jeunes le 1er emploi est un contrat précaire.                              

Bien que désormais cette précarisation des conditions d’insertion professionnelle ne fasse plus débat, les tentatives de réponse furent soit discriminantes (type CIP, CPE), soit inadaptées ou bien trop restreintes. L’extension aux jeunes actifs de moins de 25 ans de la seule partie « complément de revenu » du RSA, sans aucun dispositif supplémentaire pour les jeunes sans ressources, étudiants ou chômeurs en est l’illustration. Ce dispositif ne résiste d’ailleurs pas à l’épreuve des faits : selon la CNAF le nombre de bénéficiaires plafonnait en octobre dernier à 3400, alors que l’ancien ministre de la jeunesse M-P Daubresse avait annoncé 15 000 bénéficiaires pour la première année pleine ( soit déjà dix fois moins que les prévisions de Martin Hirsch au printemps précédent).

Si les jeunes sans qualifications sont les plus fragiles, la période d’insertion professionnelle se dégrade aussi pour les jeunes diplômés. Selon une récente enquête de l’AFIJ, seul 36 % des diplômés de 2009 sont en emploi en avril 2010. La majorité d’entre eux n’a pas suffisamment cotisé pour bénéficier de l’indemnisation chômage et se retrouve sans protection ni ressource.

Les mesures de réponses « spécifiques » et « incitatives » face à ces problématiques, qui institutionnalisent l’idée d’un problème d’employabilité des jeunes, ne peuvent constituer de véritables réponses à la précarité qui frappe la jeunesse sur le marché de l’emploi : le problème de l’emploi des jeunes n’existe pas en soi, c’est avant tout un problème de chômage de masse dont les jeunes, par absence de tout statut social et politique protecteur, sont les premières victimes. 

Ainsi, alors qu’il existe aujourd’hui une analyse unanime sur la marginalisation de la jeunesse dans la société, il y a urgence à mettre un terme au « bizutage social » imposé aux jeunes lors de leur entrée dans la vie professionnelle.

L’UNEF considère, qu’au contraire, miser sur l’insertion des jeunes, c’est faire le pari de l’avenir. Garantir en effet à tous les jeunes le droit à une insertion professionnelle durable, détermine la possibilité d’un progrès durable pour l’ensemble de notre société. Gageant que les conditions d’entrée sur le marché du travail relèvent d’une responsabilité collective, parce que sont l’enjeu du bien public, elles doivent à ce titre être intégralement prises en charge par la société.

Les réponses appropriées à apporter aux difficultés des jeunes en matière d’insertion professionnelle doivent donc passer par la reconnaissance d’un statut social et politique ouvrant de nouveaux droits collectifs.

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