Pour un service public d’orientation

L’orientation détermine le choix d’études supérieures de chaque jeune. Le manque

d’information et d’accompagnement peut vite devenir pénalisant et favoriser des choix par  défaut. Les élus « UNEF et associations étudiantes » proposent de nouvelles mesures pour que les étudiants soient mieux informés et mieux accompagnés dans leur orientation. 

Avant l’université : l’orientation

L’orientation est affichée par les ministères de l’Education et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, comme une mission de service public. Or très peu de moyens sont mis à disposition des lycéens et des étudiants pour traduire cette volonté dans les faits. 

Aujourd’hui, on note qu’il existe un Conseiller d’Orientation-Psychologue pour 5.000 étudiants dans les universités et que moins de 10% des lycéens font leurs choix d’orientation en fonction des conseils d’un COP. De plus, les dispositifs Admission Post Bac et d’orientation active sont insuffisants pour permettre l’émergence d’un véritable service public d’orientation.

Admission Post-Bac

Le dispositif APB concerne les lycéens de terminale. A partir du 20 janvier, ils font leurs choix de poursuite d’études dans l’enseignement supérieur : les lycéens saisissent leurs vœux et peuvent en formuler jusqu’à 36. Ils reçoivent plusieurs vagues de propositions d’inscription du 9 juin au 19 juillet. Alors qu’auparavant les bacheliers étaient affectés dans les universités d’Ile-de-France en fonction de leur choix de filière et de leur lycée d’origine, la procédure «Admission Post Bac » permet désormais de choisir l’établissement dans lequel les lycéens s’inscrivent. Cela a pour conséquence d’accroître la concurrence entre les universités, en consacrant l’existence d’établissements de « premier » et de « second » choix, et donc de remettre en cause la mixité sociale au sein des universités franciliennes. 

De plus, un bachelier qui aurait mal formulé ses choix ou qui n’aurait reçu que des réponses négatives risque de se retrouver sans aucune inscription à la rentrée. 

L’orientation active

L’orientation active est initialement une démarche de conseil et d’accompagnement où le lycéen choisit la filière qui correspond le mieux à ses goûts et ensuite l’université émet un avis, non contraignant, sur ce choix. Malheureusement, d’une université à l’autre rien n’est homogène dans la pratique de cette procédure, ni dans les calendriers, ni dans les documents demandés. Elle peut prendre la forme d’un questionnaire à remplir en ligne, d’un formulaire à compléter sur place, ou d’un entretien sur la base des relevés de notes du lycéen. Dans le dernier cas, l’étudiant peut être jugé sur les notes qu’il a obtenu dans des matières générales souvent déconnectées des études qu’il envisage. 

A l’université : la réorientation

A l’université il est fréquent de voir des étudiants se réorienter. La majeure partie desréorientations a lieu à la fin de la première année.

Les dispositifs de réorientation

L’inexistence de pluridisciplinarité en première année est un frein à la réorientation. Une fois le choix de la filière fait, les formations sont comme cloisonnées et il est très difficile d’en changer. De plus, les passerelles existantes donnent des opportunités de réorientation restreintes. En effet, les passerelles les plus développées sont à l’intérieur d’un même département. Les passerelles entre différents UFR sont rares. Elles le sont encore plus d’une université à l’autre.

Des dispositifs dangereux

Les dispositifs tremplin et rebond, sont présentés comme des dispositifs révolutionnaires. Le semestre rebond est obligatoire lorsque la moyenne du premier semestre est inférieure à 8. Le second semestre consiste alors en un panel d’enseignements qui reprend les bases du lycée. Si l’étudiant valide ce semestre, il pourra retourner en première année à la rentrée suivante. Le semestre tremplin consiste lui en une série de rendez-vous individuels, de stages et de bilans de compétences qui permettraient à l’étudiant d’analyser les causes son échec et d’établir un nouveau projet professionnel mieux adapté à ses compétences.

De tels dispositifs se multiplient dans les universités et créent des parcours à rallonge pour les étudiants en difficulté. Seulement, il faut être en capacité de supporter le coût d’une année supplémentaire sur les bancs de l’université. 

Nos propositions

Les élus « UNEF et associations étudiantes » font des propositions pour permettre aux étudiants d’être informés pour être mieux orientés, mais aussi des propositions qui permettent de penser les formations qui garantissent la réorientation en cours de parcours.

Un service public d’orientation

Les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent la création d’un service public d’orientation, en unifiant et en rendant cohérentes les différentes structures existantes (Centres d’Information et d’Orientation et les Services Universitaires d’Information et d’Orientation), mais aussi en développant les liens entre le secondaire et le supérieur.

Il faut que les jeunes soient accompagnés et conseillés à toutes les étapes de leurs choix. Pour cela, les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent un suivi des étudiants par des COP (conseillers d’orientation psychologues). Des rendez-vous obligatoires doivent être mis en place, pour faire le point sur le projet personnel et professionnel de l’étudiant, notamment à l’issue du premier semestre pour en faire le bilan et envisager, si nécessaire, une réorientation. 

Les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent une augmentation du nombre de professionnels de l’orientation qui doivent être régulièrement formés, dans le secondaire sur les filières du supérieur, et dans le supérieur sur les passerelles et l’insertion professionnelle des étudiants. L’intervention de COP garantit la pertinence de l’information, mais aussi une certaine neutralité, évitant ainsi les enseignants qui orienteraient les jeunes en fonction des besoins dans telle ou telle filière.

Encadrer les dispositifs existants

Les élus « UNEF et associations étudiantes » demandent un encadrement des procédures existantes. En effet, la procédure «Admission Post Bac» est rigide, instaure une concurrence entre les universités et peut potentiellement exclure des bacheliers. 

Les élus « UNEF et associations étudiantes » demandent une remise à plat du dispositif « Admission PostBac », au profit d’un dispositif d’inscription simplifié. 

Le nouveau dispositif devra garantir l’inscription de tous les lycéens dans la filière de leur choix, conformément à la loi. Il devra garantir également le maintien de la mixité sociale dans l’ensemble des universités 

De plus, les élus « UNEF et associations étudiantes » dénoncent la procédure d’orientation active comme allant à l’encontre des intérêts pédagogiques des étudiants et revendiquent le respect de la loi garantissant à tout bachelier une inscription dans la filière de son choix.

Penser les formations autrement

La première année doit permettre aux étudiants de découvrir progressivement l’université. Pour cela la pluridisciplinarité doit être généralisée afin de permettre aux étudiants de maitriser leur parcours universitaires en se spécialisant de manière progressive au cours de la licence. 

L’architecture même de l’enseignement supérieur est difficilement lisible. Ainsi, certains diplômes au contenu identique peuvent avoir un intitulé différent selon les universités et vice- versa. Les élus « UNEF et associations étudiantes » demandent un cadrage national pour réglementer ce qui existe et faciliter la circulation des informations.

Les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent la diversification des passerelles pour permettre un décloisonnement des filières afin que les étudiants soient maîtres de leur orientation. 

Les passerelles doivent permettre à un étudiant de se réorienter à chaque fin de semestre, au sein de l’université en changeant de filière, mais aussi de passer d’un BTS à une licence, d’une licence à un IUT, ect. 

Il faut également développer les passerelles entre la première année commune des études de santé et les licences afin de permettre une réorientation dès la fin du premier semestre pour les étudiants qui le souhaitent. 

Enfin, les universités doivent établir une carte des passerelles et des équivalences permettant une présentation des réorientations et des débouchés possibles tout au long du cursus universitaire. 

Dossier réalisé par Maria Cotora,
Élue au CNESER

 

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