WEI : quels critères pour quels financements ?
Les élus « UNEF et associations étudiantes » dénoncent depuis longtemps le manque de critères stricts de financement des évènements étudiants, notamment des soirées étudiantes et week-end d’intégration, souvent synonymes pourtant de bizutage, de publicité sexiste et de consommation irrégulée d’alcool. Les financements de ces évènements proviennent parfois du Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Etudiantes (FSDIE).
Ce fond créé en 2001 est alimenté par une partie des droits d’inscription pour un montant de 11€ minimum par étudiant. Les collectivités territoriales, les mutuelles étudiantes, les particuliers ou encore l’université peuvent y ajouter une participation financière, voire matérielle. Depuis 2005, le FSDIE est intégralement dévolu au financement des projets étudiants. Une fois décidés au sein de la commission FSDIE, les subventions doivent être votées ensuite au CEVU et au CA.
Composition et rôle du FSDIE
La définition de la composition de la commission FSDIE est réalisée dans chaque université, dans le règlement intérieur ou les statuts de l’université. Elle est en général constituée d’étudiants et de personnels de l’université issus du CEVU, les étudiants représentant 50% de la Commission. On peut trouver également dans cette commission des représentants d’associations étudiantes non élus. C’est la Commission FSDIE qui traite les demandes de financement et répartit les crédits entre les projets étudiants. Elle se réunit habituellement trois fois par an, et reçoit alors les associations étudiantes qui demandent des subventions pour qu’elles présentent leur projet.
Les actions culturelles et associatives étant le cœur de la fonction du FSDIE, les projets présentés en FSDIE et réclamant une subvention doivent respecter un certain nombre de critères:
Il doit s’agir d’une action collective. Elle doit être présentée par des étudiants de l’université.
L’action financée ne doit pas présenter un caractère pédagogique du point de vue universitaire et ne doit pas faire l’objet d’une validation dans un cursus.
L’action doit avoir des retombées pour les étudiants.
Quels critères de financement des soirées étudiantes imposer aux FSDIE ?
Les critères d’attribution des fonds du FSDIE n’étant plus cadrés par aucune circulaire nationale, de nombreuses commissions sont malheureusement peu regardantes sur les conditions d’organisation des évènements étudiants, notamment du point de vue de la place laissée aux alcooliers dans les soirées et de la régulation de la consommation d’alcool. Les dérives sexistes ou l’organisation de bizutage restent également bien trop souvent tolérées.
En l’attente d’une nouvelle réglementation nationale, le rôle des élus siégeant dans les commissions FSDIE reste donc déterminant. Les projets financés par les FSDIE doivent pour les élus « UNEF et associations étudiantes » respecter les principes du service public, notamment d’égalité entre les femmes et les hommes et de laïcité, et intégrer le rôle de l’université en matière de prévention sanitaire, notamment quant aux problèmes liés à la consommation d’alcool. Par conséquent, les élus « UNEF et associations étudiantes » exigent que le financement des soirées étudiantes soit conditionné à un certain nombre de critères :
La consommation d’alcool doit être fortement encadrée. Il faut notamment veiller à ce que l’interdiction des soirées « open bar » prévue par la loi HPST soit respectée. Les financements des alcooliers aux soirées étudiantes doivent être bannis. La législation sur la consommation d’alcool doit être respectée : les associations doivent solliciter auprès des municipalités la Licence II pour vendre des alcools légers et la vente d’alcool fort ne doit être rendue possible que dans les établissements possédant une Licence IV (bars, boîtes de nuits, etc). Un plan de prévention doit être rendu obligatoire pour l’organisation de chaque soirée étudiante (alcool, drogues, MST).
La communication (flyer, affiche) et le message véhiculé par les soirées étudiantes doivent respecter la loi et ne peuvent pas contenir des messages à caractère sexiste comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.
Les week-ends d’intégration ou certaines soirées étudiantes sont régulièrement le lieu de bizutage. Les associations étudiantes qui auraient de telles pratiques doivent être privées de financements, comme le prévoit la loi.
Yannick Sabau,
Élu au CNESER






















































































































