Quels dispositifs efficaces pour une nouvelle licence ?

Le diplôme de licence est aujourd’hui illisible puisque toute la liberté est laissée aux universités pour en décider l’intitulé et les contenus. Cette situation crée une confusion pour les étudiants incapables de maîtriser leur parcours universitaire mais aussi pour les employeurs qui peinent parfois à identifier le contenu d’un diplôme.

Il est donc nécessaire de réorganiser la licence pour à la fois la rendre plus lisible pour chacun et d’en garantir nationalement un contenu qualifiant. L’exigence de lisibilité ainsi que l’égalité de tous devant les qualifications rend nécessaire la restauration d’un cadrage national des diplômes, supprimé en 2003 avec la réforme LMD. Les bonnes intentions ne se mettront pas automatiquement en place dans les universités. L’échec du plan licence montre la nécessaire mise en place d’un cadre contraignant pour les universités.

Cadrer les licences nationalement pour répondre aux exigences d’une licence de qualité

Pour garantir à chacun un égal accès sur tout le territoire à une licence de qualité, pluridisciplinaire et professionnalisante, il faut pouvoir fixer les intitulés de diplôme ainsi que leur contenu nationalement.

La restauration d’un cadrage national des diplômes est donc la condition sine qua non de l’instauration d’une Licence pluridisciplinaire et de qualité dans toutes les universités et de l’amélioration de la lisibilité de l’offre de formation pour les étudiants comme pour les employeurs, la confiance dans la bonne volonté des universités autonomes ayant démontré ses limites avec le plan « Réussite en Licence ».

Pour permettre de transformer en profondeur le diplôme de Licence et améliorer sa lisibilité, ce cadrage national doit s’effectuer selon les conditions suivantes :

1. Instaurer des Licences pluridisciplinaires permettant l’acquisition d’un  socle solide de connaissances diversifiées et une spécialisation progressive passe par l’organisation des diplômes par  grands domaines de formation (cf p.9)

2. Afin d’améliorer la lisibilité de l’offre de formation pour les étudiants comme pour les employeurs, une liste des intitulés de mentions doit être parallèlement mise en place.

Créer un référentiel pédagogique par domaine de formation

Un référentiel pédagogique par domaine doit être mis en place, servant de base contraignante lors de la procédure d’habilitation. Ce référentiel pédagogique doit intégrer notamment les objectifs pédagogiques de la licence, les contraintes de pluridisciplinarité et d’enseignements de langue et d’informatique, la répartition entre les types de contenus (enseignements fondamentaux, méthodologie…), le volume horaire minimum de la formation (qui ne peut être inférieur à 25h/semaine), la part des cours magistraux par rapport aux TD.

Pour l’UNEF, la ministre a ouvert une brèche dans le sens d’un cadrage national en évoquant un nombre d’heures minimales de cours pour la licence.

L’intégration d’éléments de professionnalisation dans tous les cursus

Afin que toutes les licences deviennent qualifiantes sur le marché de l’emploi et permette de déboucher à la fois sur l’emploi comme sur la poursuite d’étude sans enfermer l’étudiant dans un choix trop précoce qui lui serait nuisible, toutes les formations doivent intégrer :

1. une mise en lien des enseignements dispensés avec le monde professionnel, organisée durant l’ensemble de la Licence en lien avec les matières étudiées. Des outils d’apprentissage doivent être développés pour permettre aux étudiants de mettre en pratique et savoir utiliser dans une perspective professionnelle les connaissances acquises: travail en groupe, mise en situation, enquête de terrain, etc.

2. des modules de préparation à l’insertion professionnelle : rédaction de CV, apprentissage du droit du travail, etc.…

3. un encadrement des stages ( les bureaux des stages doivent être mis en place dans chaque établissement pour aider l’étudiant à trouver un stage en rapport avec sa formation, le stage doit faire l’objet d’une validation pédagogique par l’équipe enseignante, le stagiaire doit être accompagné par un tuteur dans l’entreprise, le stage doit faire l’objet d’une évaluation, par conséquent d’un rapport de stage.)