Une politique sociale en échec depuis 5 ans

En 2006, Laurent Wauquiez rendait public son rapport sur la situation sociale des jeunes qui a fait consensus. En 2007, Valérie Pécresse, qui se voulait être « la ministre des étudiants »,  avait ouvert des concertations sur la vie étudiante suite aux élections présidentielles. Si les protestations étudiantes ont permis quelques avancées non négligeable pour les étudiants boursiers, le bilan général des mesures sociales du gouvernement reste très insuffisant. L’abandon de certains dossiers comme la revalorisation de l’aide au logement ou les frais obligatoires par le gouvernement a participé a aggraver les conditions de vie des étudiants.

Bilan des mesures mises en place par le gouvernement depuis 5 ans

27% des étudiants ont été aidés  par des mesures sociales qui n’ont malheureusement pas suffit à enrayer la baisse de leur pouvoir d’achat.

50 000 étudiants  boursiers échelon 0 supplémentaires en 2008. Ces étudiants ont pu être exonérés des frais d’inscriptions et de cotisations de sécurités sociales. Cependant ils ne touchent pas d’aides mensuelles pour les aider dans leur cursus.

Le 6ème échelon de bourse a permis à 100 000 étudiants de bénéficier d’une augmentation de leur bourse. Pourtant cette mesure reste insuffisante. La bourse échelon 6 permet de couvrir à peine 50% du budget d’un étudiant.

Le dixième mois de bourse est la mesure la plus importante prise depuis 2006. Cette mesure a permis à 21,5% des étudiants de bénéficier d’une augmentation de leur bourse en 2010 (1/2 mois), allant de 80 euros et 230 euros sur l’année 2010-2011. Malheureusement, il manque toujours 80 millions d’euros pour payer un mois de bourse complet en septembre 2011 aux étudiants.

73% des étudiants n’ont bénéficié d’aucune mesure sociale en faveur de l’amélioration de leurs conditions de vie. Plusieurs milliers d’étudiants restent sur le banc du système d’aides sociales et se tournent vers le salariat étudiant (première cause d’échec à l’université) faute de pouvoir compter suffisamment sur les ressources de leurs parents.

Un pouvoir d’achat qui se dégrade depuis 5 ans

L’augmentation de 4,1% des dépenses obligatoires cette année est élevée mais n’est malheureusement pas exceptionnelle. En moyenne, depuis 2006, les dépenses obligatoires ont augmenté de 33,2% tandis que les aides sociales ont augmenté en moyenne de 13%. 

Voilà 5 ans qui se sont écoulés depuis les dernières grandes concertations sur les questions de vie étudiante en 2006. Ces concertations avaient permis de mettre en avant un certain nombre de mesures devant rattraper la baisse de pouvoir d’achat des étudiants entamée depuis 2001, date du dernier plan social étudiant. De belles promesses si seulement l’investissement financier dans le système d’aides sociales avait été plus ambitieux.

Un recul historique de la démocratisation depuis 2006

Les conséquences de la paupérisation du milieu étudiant sont importantes. Faute de moyens financiers, les étudiants ne peuvent poursuivre leurs études. Et les familles, qui subissent la crise, peinent à subvenir aux besoins du jeune. La panne de l’ascenseur social n’est plus un simple slogan. Les étudiants issus des classes sociales plus modestes sont moins nombreux en 2011, dans l’enseignement supérieur, qu’en 2006.

La part des enfants d’ouvrier à l’université en 2011 par rapport à 2006 baisse de 4 points (soit approximativement 70 000 individus de moins* ; celle des enfants d’employés baisse de 1,2 points (environ 15 000 étudiants de moins), le nombre de fils de profession intermédiaire baisse de 3,9 points ( environ 65 000 étudiants de moins). Au total, la part des étudiants issus des classes populaires et des classes moyenne baisse de 9,1 points dans les établissements d’enseignement supérieurs.

Le constat, à rebours de la construction d’un service public de l’enseignement supérieur au service de la démocratisation est particulièrement préoccupant.

A l’heure où la sortie de crise reste incertaine, exclure un partie entière de la population d’une qualification du supérieur est non seulement injuste socialement mais aussi irresponsable économiquement. 

* L’estimation tient compte de l’évolution de la population étudiante entre 2006 et 2011 de l’INSEE.