Déclarations de François Fillon : impuissance sur l’emploi des jeunes

Le premier ministre a réagi ce vendredi midi aux mauvais chiffres du chômage par de nouvelles déclarations sur l’emploi des jeunes. Favoriser les contrats d’alternance (objectif de 800 000), inciter par des dispositifs fiscaux les entreprises à accueillir des jeunes en formations, l’UNEF déplore que les seules perspectives du gouvernement pour l’emploi des jeunes se résument à relancer des dispositifs déjà vus qui n’ont jamais fait leurs preuves.

A l’heure où un jeune actif sur quatre est au chômage et 70% des premières embauches sont des contrats précaires, l’UNEF s’inquiète de ces annonces qui sonnent comme autant d’aveux d’impuissance.

L’alternance ne crée pas d’emploi

L’apprentissage et les contrats en alternance peuvent permettre d’améliorer la formation et la préparation à l’insertion professionnelle des jeunes mais ne permettent pas de lutter contre le chômage.

Les étudiants qui terminent un contrat d’apprentissage sont soumis aux mêmes problématiques que les étudiants d’autres filières : seuls 38% d’entre eux bénéficient d’un CDI à l’issu de leur cursus et 30% sont au chômage à la fin de leur contrat.

Les jeunes avant tout victimes du chômage de masse et de la faible croissance

Exclus de tous les dispositifs de protection sociale (Allocations chômage, RSA…), les jeunes sont la catégorie la plus vulnérable sur le marché de l’emploi. En moyenne trois fois plus qualifiés que leurs aînés, ils sont contraints d’accepter des emplois précaires (stages, CDD à répétition, intérim…) et sont les premiers à être licenciés en période de faible croissance.

Les annonces du premier ministre masquent mal la responsabilité du gouvernement dans les difficultés que connaissent les jeunes sur le marché de l’emploi. En choisissant une politique de rigueur pour rassurer les marchés, le gouvernement met en péril  la croissance économique et risque d’aggraver la situation des jeunes face à l’emploi. En premier lieu, les suppressions de poste dans la fonction publique ferment des débouchés professionnels importants pour les jeunes.

Le gouvernement exclut les jeunes des débats sur l’emploi

L’UNEF condamne l’attitude du gouvernement qui préfère rassurer les agences de notation plutôt que de répondre aux inquiétudes des jeunes. Le premier ministre n’a par ailleurs jamais demandé à rencontrer les organisations de jeunesses pour évoquer des mesures en faveur de l’emploi.

L’UNEF revendique la mise en place d’une aide à la recherche au premier emploi pour protéger les jeunes en insertion ainsi que des mesures contraignantes pour que les jeunes puissent accéder au CDI dès la première embauche au même titre que les autres salariés. Enfin, l’UNEF s’oppose à une politique de rigueur qui risque de ralentir la croissance économique, détruire des emplois et enfermer un peu plus les jeunes dans la précarité sur le marché du travail.