Logement : les petites annonces qui ignorent les grandes galères

Laurent Wauquiez a annoncé aujourd’hui  la création d’un « passeport logement étudiant » destiné à servir à la fois de caution ainsi qu’à avancer le dépôt de garantie. La mise en place d’un dispositif de cautionnement solidaire est l’une des revendications que l’UNEF a présentées au ministre lors de son rendez-vous du vendredi 26 août dernier. En effet, depuis la restriction des dispositifs de locapass, la caution parentale ainsi que les avances de garanties constituent de réels freins dans l’accès à un logement.

Pour autant, l’UNEF accueille avec de très grandes réserves un dispositif partiel et payant qui s’apparente plus à un coup de communication qu’à une réelle mesure.

Le « passeport étudiant » de Laurent Wauquiez, un dispositif partiel et payant

Les étudiants ne sont pas dupes des déclarations de bonnes intentions du ministre. Les imprécisions demeurent nombreuses concernant le dispositif, notamment sur les conditions d’accès à ce service. Pour l’heure, il ne concerne que les étudiants des régions lilloise et lyonnaise. A quelques mois des élections présidentielles, l’heure n’est plus aux ballons d’essais, elle est aux mesures d’ampleur.

De plus, le ministre a précisé que le « passeport étudiant », reposerait sur une participation de 3€ à 5€ pour « responsabiliser les étudiants ». L’UNEF s’oppose à l’instauration de frais supplémentaires à la charge des étudiants qui s’ajouteront aux loyers déjà exorbitants (750€ en région parisienne en moyenne).Augmenter les loyers pour garantir une caution n’est pas une solution pour lutter contre la précarité étudiante.

Le ministre minimise la pénurie de logements CROUS

Outre les défaillances de la mesure proposée par Laurent Wauquiez, l’UNEF dénonce la volonté du ministre de minimiser le problème de pénurie de logement social étudiant (logement CROUS). En annonçant la construction de 5 872 logements cette année, Laurent Wauquiez contredit les prévisions du CNOUS publiées récemment portant sur 4 000 constructions. Le ministre préfère polémiquer sur des chiffres alors que les retards de construction fixée par le plan Anciaux (2004) s’accumulent.

Les petites annonces qui ignorent les grandes galères.

Alors que le logement représente près de 50% des dépenses étudiantes, l’UNEF attend du ministre des annonces d’ampleur et non des coups de communication. Le ministre doit s’expliquer sur les conditions de son dispositif ainsi que sur son élargissement reporté à la rentrée 2012.

Si le cautionnement solidaire est une mesure nécessaire, elle ne permettra pas de faire baisser les coûts des loyers, principale cause de la précarité étudiante. L’UNEF déplore que le ministre laisse encore les 93% d’étudiants privés de chambre CROUS à la merci des augmentations exponentielles des coûts du loyer, notamment pour les petites surfaces.

L’UNEF attend des précisions sur le dispositif de « passeport étudiant » et exige des mesures ambitieuses, plutôt que des « tests » de dispositifs. Alors que l’augmentation des loyers est la première responsable des galères de logement, l’UNEF revendique une revalorisation de 20% des APL, une règlementation des loyers à la relocation, ainsi qu’un plafonnement des loyers de petite surface. Enfin l’UNEF rappelle que la priorité doit être mise sur la construction de logements sociaux étudiants (logement CROUS).