Chili : le combat pour une éducation publique, laïque et gratuite continue et s’étend !

La mobilisation des étudiants chiliens, loin de s’essouffler, a continué à s’amplifier à l’image des manifestations organisées à Santiago qui ont réuni entre 400 000 et 500 000 manifestants les 9 et 25 août derniers. Cette mobilisation historique depuis la chute du régime Pinochet démontre à nouveau le rôle moteur de la jeunesse dans les mobilisations et les aspirations au changement.

Les jeunes Chiliens, moteur d’une mobilisation qui dépasse l’aspiration à une éducation gratuite et de qualité pour tous.

Le Chili est l’un des pays où l’éducation est la plus onéreuse et la plus inégalitaire au monde. L’enseignement supérieur, essentiellement privé, reste réservé aux enfants des familles les plus riches, obligeant la plupart des jeunes à s’endetter fortement pour accéder à l’enseignement supérieur.  

Mais cette mobilisation a connu un tournant ces dernières semaines avec l’entrée des travailleurs dans la mobilisation avec un appel à la grève générale lancé par la CUT (Centrale Unitaire des Travailleurs, la principale centrale syndicale chilienne). Loin de se limiter aux questions éducatives, c’est l’ensemble du système libéral hérité des années Pinochet qui est remis en cause par la jeunesse et les travailleurs chiliens comme le souligne le journal El Mostrador : « L’image de Camila Vallejo (la leader du mouvement étudiant) assise à côté des principaux dirigeants syndicaux appelant à la grève marque un tournant dans la contestation étudiante qui ajoute maintenant à son agenda le changement de modèle économique et politique »

Les événements qui se déroulent au Chili sont de nouveaux exemples du rôle central de la jeunesse dans les mobilisations et les aspirations au changement, comme le souligne le quotidien chilien Pagina 12 : « Il faut être juste. L’appel de la CUT n’aurait pas eu le même impact sans l’énergie des étudiants qui grâce à leurs réclamations ont mis en relief toutes les plaintes des citoyens ».

La violence comme seule réponse.

Le gouvernement chilien, derrière des discours de bonnes intentions, n’a pour le moment fait aucune proposition à la hauteur des revendications portées par l’ensemble de la société chilienne. Les manifestations ont quant à elles été violemment réprimées entraînant l’arrestation de plusieurs centaines de manifestants et la mort d’un adolescent lors de la journée de mobilisation du 25 août.

La mobilisation chilienne fait écho à la défense du droit à l’éducation partout dans le monde.

Cette mobilisation fait écho aux revendications de la jeunesse partout dans le monde qui revendiquent le droit à une éducation de qualité pour tous à travers un système éducatif public, gratuit et de qualité. Elle est d’ailleurs soutenue par les jeunes du monde entier, comme le prouve le rassemblement organisé devant l’ambassade chilienne à Paris qui a réuni près de 350 personnes le 25 août dernier. Alors  que les politiques de rigueur deviennent la règle, la jeunesse chilienne  est le symbole d’une génération qui refuse de voir son avenir confié aux lois dictées par les marchés et la finance.

Sachant qu’en France les jeunes des classes populaires ont de plus en plus de mal à accéder à l’enseignement supérieur et que les conditions de vie des étudiants ne cessent de se dégrader, le gouvernement serait bien avisé de prendre en compte les aspirations de la jeunesse à une éducation de qualité pour tous.