Être étudiant… vous avez dit gratuit ?

Pour les marchés, le programme de la rentrée c’est une politique triple A… et pour les étudiants c’est système D ! 

Rigueur, taxes, augmentation du prix de la sécu, suppression de postes de fonctionnaires, augmentation du chômage… l année 2011-2012 s’annonce difficile pour l ensemble de la population. Et lorsqu’on est étudiant, ce sont les galères qui commencent.

La galère c’est de devoir payer 181,57 euros de frais d’inscription, plus 203 euros de sécu soit déjà 384,57 euros pour une simple inscription. Puis il faut payer les tickets repas au resto U, dont le prix a encore augmenté pour atteindre 3,05 euros soit 488 euros pour toute l’année. Si l’on ajoute à cela le loyer, les dépenses de matériel scolaire et les sorties, la facture s’élève à plus de 800 euros par mois. Et qui nous aide à subvenir à nos besoins ? Surement pas le gouvernement, qui a fait le choix de faire grimper tous nos frais obligatoires sans jamais augmenter nos APL et en laissant 8 étudiants sur dix privés de bourse. Résultat, pour financer nos études nous devons compter sur l’argent de poche donné par nos parents ou sur la galère des jobs étudiants, première cause d’échec à l’université.

Depuis 5 ans maintenant le quotidien des étudiants ne cesse de se dégrader. Depuis 2006, la proportion d’étudiants issus des classes populaires et des classes moyennes dans l’enseignement supérieur a diminué de 9 points, soit 20 000 étudiants qui ont renoncé à étudier faute d’en avoir les moyens financiers. L’université ne joue plus son rôle d’ascenseur social : pire, elle exclut les jeunes issus de milieux populaires.

Etudier, se former, acquérir un diplôme ne sont pas des luxes qui seraient réservés à quelques privilégiés ; ce sont des droits. En laissant les étudiants livrés à eux-mêmes, le gouvernement prend le risque de priver des centaines de milliers de jeunes d’une formation de qualité et donc d’une bonne insertion professionnelle. Pire, en augmentant le coût de la vie pour faire des économies, il creuse les inégalités entre les étudiants. Des mesures d’urgence sont indispensables pour mettre fin à cette injustice et permettre à chacun, quel que soit son origine sociale d’accéder aux études de son choix.

Les petits boulots, première cause de l’échec à l’université 

Le salariat concerne 68% des étudiants. Comment en serait-il autrement lorsque l’on sait que 8 étudiants sur 10 ne touchent pas de bourse et que la crise a rendu plus difficile pour nos familles de subvenir à nos besoins ?

Au lieu d’agir, le gouvernement laisse le salariat étudiant s’impo ser comme un passage obligé pour la majorité d’entre nous. Il est pourtant le premier responsable de l’échec universitaire et creuse les inégalités. On nous demande de réussir nos études, on nous reproche l’absentéisme mais on nous impose de travailler à côté. 20h par semaine à travailler, ce sont 20h qui ne seront consacrées ni aux cours, ni aux révisions, ni au travail personnel. Ce sont aussi les heures qui nous manquent pour étudier en médecine, en IUT, en prépa, où l’assiduité est obligatoire, où la préparation des concours est inégale entre étudiants salariés et non salariés.

Il est temps que le gouvernement le comprenne et prenne des mesures d ampleur. Pour mettre fin au salariat étudiant et à la dépendance familiale, il est urgent de changer le système. C est pour cela, que l’UNEF demande une allocation d autonomie. 

Dixième mois de bourse, victoire des étudiants ! 

Après six ans de batailles, les étudiants boursiers vont bénéficier de 80 à 230 euros supplémentaires dès septembre. Alors que le gouvernement veut faire des économies, les étudiants ont su s’organiser pour obtenir, malgré tous les plans de rigueur, de nouvelles conquêtes sociales.

Cette victoire, imposée au gouvernement constitue une conquête sociale pour les 500 000 étudiants boursiers qui démontre que lorsque les étudiants s’organisent, ils peuvent obtenir satisfaction face à n’importe quel gouvernement.