L’UNEF appelle les étudiants à se mobiliser contre le retour de Bruno Gollnisch à l’université Lyon 3

Le lundi 12 septembre 2011, l’université Jean Moulin Lyon 3 a réintégré Bruno Gollnisch. Il prodiguera son premier cours magistral le mercredi 14 septembre à 17h.

En 2004, suite à la sortie du rapport d’Henry Rousso, historien chargé par le Ministère de l’Éducation Nationale d’un rapport sur le négationnisme à Lyon 3, Bruno Gollnisch a organisé une conférence de presse sur ledit rapport. Il a alors durant cette conférence de presse, qualifié Henry Rousso, d’ « historien engagé, personnalité juive estimable mais dont la neutralité n’est pas garantie ». Dans cette même conférence de presse, Bruno Gollnisch a également déclaré « qu’aucun historien sérieux n’adhère plus à l’intégralité des conclusions du procès de Nuremberg », ou encore « je ne remets pas en cause l’existence des chambres à gaz, quant au nombre de morts, je ne suis pas spécialiste, c’est aux historiens d’en discuter. Certains historiens nient l’existence des chambres à gaz avec des arguments qui ne sont pas injurieux ».

En 2006, le CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) disciplinaire a estimé que Bruno Gollnisch, en mettant à l’ordre du jour de sa conférence de presse du 11 octobre 2004 le rapport Rousso, s’était volontairement placé sur le terrain universitaire et avait contesté les qualités d’objectivité universitaire d’Henry Rousso au motif qu’il serait juif. Ces déclarations ont été considérées comme discriminatoires et contraires à l’éthique universitaire. Par ailleurs, les propos de Bruno Gollnisch relatifs à l’existence des chambres à gaz, aux conclusions du tribunal de Nuremberg, et au nombre de morts dans les camps de concentration ont été considérés comme « une contribution aux thèses négationnistes ». De plus, le CNESER disciplinaire a motivé son jugement en indiquant qu’en faisant cette déclaration, Bruno Gollnisch avait pleinement conscience du retentissement et des désordres qu’il occasionnerait, ce qui constitue selon les juges d’appel « une évidente faute disciplinaire ».

L’UNEF s’inquiète du retour de Bruno Gollnisch à l’université Lyon 3 en qualité de professeur d’université et d’ainsi voir l’université Jean Moulin retomber dans les heures les plus sombres de son histoire.

L’UNEF appelle Bruno Gollnisch à faire toutes ses excuses quant aux propos qu’il a tenu en 2004 et qui ont engendré des sanctions administratives à son encontre.

L’UNEF restera vigilante dans les mois et années à venir quant aux propos que tiendra Bruno Gollnisch au cours de ses enseignements à l’université Lyon 3.

L’UNEF ne se privera d’aucun moyen d’action pour dénoncer la présence de l’extrême droite et du front national sur les universités.

L’UNEF appelle à un rassemblement mercredi 14 septembre à 16h devant les locaux de l’université Lyon 3 afin de dénoncer le retour de Bruno Gollnisch.