3 questions à … Emmanuel Zemmour, président de l’UNEF
LDE : Tu viens d’être élu président de l’UNEF, quelles vont être les priorités de ton mandat ?
Emmanuel Zemmour : La période actuelle n’est pas évidente pour les étudiants. La crise n’a fait qu’accentuer les difficultés quotidiennes que nous rencontrons. Au-delà de la précarité qui touche les étudiants, le système universitaire français connaît de nombreux bouleversements qui remettent en cause les finalités mêmes du service public d’enseignement supérieur.
Dans la course effrénée à la compétition internationale, Valérie Pécresse semble avoir oublié les étudiants. L’actuelle frénésie autour des financements du Grand Emprunt témoigne bien de cette attitude. C’est pour cela que je souhaite que mon mandat permette d’exprimer les attentes des étudiants en avançant sur une amélioration concrète et globale du système universitaire.
Je porte pour cela trois priorités pour que l’université française redevienne le lieu de l’ascension sociale. La première vise à rompre avec la politique de mise en concurrence conduite par Valérie Pécresse depuis 2007. Il est désormais indispensable que l’égalité soit remise au cœur du service public.
La deuxième priorité concerne la réussite des étudiants dans l’enseignement supérieur. Il n’est plus acceptable que dans un pays moderne comme le notre seulement 50% d’une classe d’âge est accès à l’enseignement supérieur et que dans les premiers cycles universitaires la moitié des étudiants se retrouve en échec. L’UNEF aura pour objectif de révolutionner la pédagogie universitaire pour mettre fin à l’échec des étudiants.
Enfin la troisième priorité est d’ordre sociale. La précarité étudiante est devenue insupportable, 50% des étudiants travaillent pour financer leurs études et 150 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté. Pour mettre fin à cette situation injuste socialement, je me battrai pour que l’allocation d’autonomie voit enfin le jour.
LDE : Quels sont les thèmes que tu veux porter dans le débat publique pour l’année à venir ?
E. Zemmour : La perspective des élections présidentielles et législatives de 2012 nous offre l’opportunité d’interpeller l’ensemble des candidats qui prétendent au suffrage universel et les forcer à prendre position sur nos revendications.
Nous souhaitons créer un vrai débat public autour des questions universitaires que j’ai précédemment citées. Loin de nous en contenter, nous interviendrons aussi sur les thématiques qui touchent l’ensemble de notre génération.
Que cela soit la question de l’emploi des jeunes, la lutte contre le déclassement ou la reconnaissance sociale de la jeunesse, nous serons intransigeants. Aucun candidat à l’élection suprême ne pourra s’approprier le vote des jeunes sans apporter des réponses claires sur ces sujets.
LDE : Valérie Pécresse a rouvert le chantier licence, quelles sont les perspectives pour l’UNEF ?
E. Zemmour : L’UNEF revendique la réouverture de l’arrêté licence depuis la fin du cadrage national des diplômes en 2002 avec la réforme LMD. Cette fin du cadrage national des diplômes, en plus de créer la concurrence entre les universités a conduit à une dérégulation totale des règlements d’examens, ou modalités de contrôle de connaissances. De nombreux droits étudiants, comme la compensation des notes entre les semestres ont été supprimés dans de nombreuses universités.
La réouverture de l’arrêté licence est déjà une première étape et a été obtenue par les bilans successifs de l’UNEF sur l’avancement du chantier de la réussite.
Nous souhaitons maintenant faire pression pour que le nouvel arrêté licence apporte des garanties aux étudiants sur la pluridisciplinarité, les volumes horaires, les intitulés de diplômes ou encore les modalités de contrôle de connaissances.
Propos recueillis par Morand Perrin
Élu au CNESER






















































































































