Faire respecter les droits des étudiants salariés
L’enquête 2010 menée par l’Observatoire de la Vie Etudiante met en avant le fait que la moitié des étudiants sont contraints de travailler en parallèle de leurs études. Parmi les étudiants salariés, 32% seulement des sondés indiquent que leur emploi est lié aux études qu’ils poursuivent. Le salariat, chez les étudiants, est essentiellement un emploi motivé par des raisons alimentaires. Les étudiants ne conjuguent pas un travail et des études pour parfaire leur formation mais bien pour répondre à des besoins élémentaires : payer un loyer, se nourrir, se vêtir et payer les transports. Le salariat étudiant est donc la conséquence d’une précarité grandissante.
Le salariat étudiant ne permet pas aux étudiants de se consacrer entièrement à leurs études. Ainsi les étudiants salariés s’interdisent des filières comme la médecine ou les classes préparatoires. Le salariat étudiant est également un frein à la réussite car il augmente de 40% le risque d’échec à l’université. De plus, de nombreuses universités ne prévoient aucun dispositif spécifique pour permettre aux étudiants salariés de réussir (dispense d’assiduité, cours de TD le samedi matin).
Si le salariat est un facteur de reproduction sociale, et que l’objectif est de faire en sorte qu’aucun étudiant ne doit consacrer 20h par semaine à travailler au détriment de ses études, les universités doivent mettre en place des dispositifs contraignants pour garantir leurs droits.
Des mesures dans les universités
Tout d’abord, il faut systématiser les dispenses d’assiduité pour que les étudiants salariés ne soient pas pénalisés lorsqu’ils sont absents. De plus, faire en sorte que l’ensemble des universités permettent aux étudiants salariés de s’inscrire en contrôle terminal pour ne pas avoir à passer les examens de mi-semestre.
Mais cela ne peut être efficace sans la mise en place d’un réel accompagnement pédagogique spécifique des étudiants salariés. Les secrétariats des UFR ou les professeurs doivent mettre les cours en ligne, sous forme de texte ou de vidéo. Dans les conseils des UFR ou les conseils centraux de l’université, les élus « UNEF et associations étudiantes » doivent obtenir la mise en place un enseignant-référent qui prendra des rendez-vous pédagogiques mensuels pour faire le point sur le parcours et la progression de l’étudiant salarié. C’est aux universités de s’engager contre un système qui pénalise les étudiants salariés, déjà lésés en ce qui concerne le temps et l’énergie qu’ils peuvent consacrer à leurs études.
Cette responsabilité vis-à-vis de la réussite des étudiants ne doit pas reposer sur la volonté de quelques professeurs bien intentionnés mais elle doit constituer une véritable politique d’accompagnement et de réussite des étudiants, harmonisée à l’ensemble de l’université.
Evidemment, les élus « UNEF et associations étudiantes » doivent se battre dans les conseils des CROUS pour que soit prise en compte la dimension sociale des étudiants salariés : une revalorisation des bourses permettrait aux jeunes en formation de ne plus se salarier pour se consacrer entièrement à leurs études. Or, aujourd’hui on note que 40% des étudiants qui bénéficient d’une aide de la part de l’Etat travaillent en parallèle de leurs études car leur bourse est insuffisante et ne leur permet pas de vivre convenablement.
Des mesures à faire appliquer dans les entreprises
Mais les universités ne sont pas les seules à devoir faire des efforts envers les étudiants salariés. Les entreprises qui profitent de la main d’œuvre étudiante doivent mettre en place des clauses spécifiques dans leur contrat afin qu’ils puissent passer leurs examens sereinement.
Le code du travail prévoit qu’aucune modification de planning ne peut avoir lieu si le salarié a une échéance scolaire ou universitaire. Mais il prévoit qu’ « un congé de formation peut être accordé à un salarié pour préparer ou passer un examen » (Article L.931-1 du code du travail). Cette mesure n’étant pas contraignante cela reste au bon vouloir de l’employeur.
Ainsi, les élus « UNEF et associations étudiantes » travaillent en lien avec les organisations syndicales professionnelles pour mener des batailles conjointes sur ces revendications essentielles.
Malvina Pelay
Élue au CNOUS






















































































































