Quel rôle pour les universités dans l’insertion professionnelle ?

Depuis le début de la crise, le chômage augmente fortement jusqu’à atteindre des taux record (9,6% de la population active pour l’année 2010 selon INSEE). Les jeunes diplômés sont particulièrement touchés par le chômage car ils sont les moins expérimentés et les moins protégés. 

Ils servent de variable d’ajustement aux entreprises. En passant de périodes de chômage prolongées à des contrats précaires, leur période d’insertion professionnelle s’allonge et est synonyme de précarité. 

Si la responsabilité du chômage n’est pas à imputer aux universités, il incombe à celles-ci de préparer l’insertion professionnelle des étudiants. Les élus « UNEF et associations étudiantes » tirent le bilan des outils d’insertion professionnelle présents dans les universités et font part de leurs propositions pour une insertion professionnelle durable et de qualité.

La nouvelle licence 

Le gouvernement veut réformer la licence. Ainsi des dispositifs ont été rendus obligatoires ou indispensables pour les universités. Ces dispositifs concernent notamment l’insertion professionnelle des étudiants. Un bureau d’aide à l’insertion professionnelle a été mis en place dans chaque université. Il est « chargé de diffuser aux étudiants une offre de stages et d’emplois variés, en lien avec les formations proposées par l’université et d’assister les étudiants dans leur recherche de stages et d’un premier emploi ». 

L’enseignement des langues et l’enseignement des outils informatiques ont été mis en place dans toutes les filières, ainsi que des modules de préprofessionnalisation.

Tous ces dispositifs ont pour but de permettre aux étudiants diplômés de Licence d’avoir les qualifications nécessaires à une insertion professionnelle, comme à une poursuite d’étude. 

Bilan des outils existants

Les élus « UNEF et associations étudiantes » tirent le bilan des outils au service d’une insertion professionnelle durable et de qualité.

L’activité des BAIP

Leur but est de diffuser les offres de stages, d’emplois, d’assister et de conseiller les étudiants dans leur recherche d’emploi. 

Le financement des BAIP est inégal d’une université à l’autre car les universités décident elles-mêmes du montant alloué aux BAIP, sur la base des crédits du plan licence. Indépendamment de leur bonne volonté, les établissements en difficultés budgétaires prioriseront la formation ou la rénovation de bâtiments par exemple. 

De plus, les BAIP n’ont pas su devenir une référence en matière de stages et d’insertion professionnelle ni auprès des étudiants (l’offre n’est réservée qu’à quelques filières : IUT, licences professionnelles),  ni auprès des enseignants (qui méconnaissent les ressources de l’université en terme d’insertion professionnelle et qui méconnaissent parfois les attentes et les codes du monde professionnel), ni auprès des entreprises. Souvent les BAIP n’ont pas un rôle clairement défini et leurs actions sont redondantes avec le bureau des stages, les services communs universitaires d’information d’orientation et d’insertion professionnelle (SCUIO-IP), ou encore les UFR.

Les stages

Les stages ont été intégrés dans le cursus licence pour permettre aux étudiants d’avoir une  formation pratique complémentaire à la formation académique. 

Mais malgré l’obligation d’établir une convention de stage leur garantissant un contenu pédagogique, les stages sont peu encadrés et rémunérés au lance-pierre. En effet, seuls les stages d’une durée supérieure à deux mois sont rémunérés à 30% du SMIC minimum. 

L’enseignement des langues 

L’enseignement des langues est un outil indispensable pour la qualité des formations.

Pourtant, 40% des universités n’ont pas fait de la maitrise des langues en licence un enjeu majeur. En effet, les universités proposent aux étudiants de passer des certifications extérieures en langue (TOEIC, TOFEL).

Si certaines universités semblent avancer de manière positive (généralisation des enseignements de langue obligatoire dès la première année), la plupart des dispositifs sont aujourd’hui inadaptés et déconnectés des objectifs pédagogiques du cursus licence.

L’informatique

La maîtrise de l’informatique est indispensable aux étudiants, que ce soit pour mener à bien des travaux de recherche ou pour s’insérer professionnellement. 

Les universités accusent un retard important : faible utilisation de l’outil informatique dans le cadre de la pédagogie, équipements collectifs trop peu nombreux (salles informatiques, bornes wifi). De plus, les étudiants qui rencontrent des difficultés financières s’équipent peu d’ordinateur personnel ou portable. 

Nos propositions

Les élus « UNEF et associations étudiantes » réclament des mesures ambitieuses pour permettre aux jeunes d’être formés et protégés lors de leur insertion professionnelle.

Donner un rôle ambitieux aux BAIP

Les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent :

- un financement pérenne et fléché sur des actions précises pour garantir l’efficacité des BAIP.

- une évaluation par le CEVU chaque année sur des critères tels que le nombre de stages proposés.

- des stages de qualité en lien avec les formations proposées par l’université et respectant les règles de l’encadrement et de rémunération. 

- pilotage de modules de projets professionnels, validés par le CEVU, incluant des cours de droit du travail, rédaction de CV, entretien d’embauche. 

- la diffusion des offres d’emplois variés à destination des jeunes diplômés et leur orientation vers des structures adéquates : l’AFIJ, l’APEC, Pôle emploi…

Rémunérer et encadrer les stages 

Les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent :

- le montant de la rémunération mensuelle du stagiaire par l’organisme d’accueil qui, pour tout stage d’une durée totale supérieure à un mois, ne peut être inférieur à 50 % du salaire minimum(SMIC).

- un stage en rapport avec la formation de l’étudiant.

- un encadrement  pédagogique dans l’établissement de formation, et dans l’entreprise ou dans la fonction publique.

- la validation pédagogique par l’équipe enseignante. 

Les langues 

Les universités ne doivent pas se contenter de proposer une certification déconnectée des enseignements et de la pédagogie.

Les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent :

- des cours de langues obligatoires dès la première année et tout au long du cursus.

- la mise en lien des enseignements  de langues et des autres enseignements.

L’informatique

Les élus « UNEF et associations étudiantes » revendiquent :

- le financement de l’amélioration significative quantitativement et qualitativement de l’équipement informatique des universités.

- un dispositif de prêts d’ordinateurs portables. 

Sur le marché du travail…

L’augmentation du chômage tire les droits de l’ensemble des salariés vers le bas et contraint les jeunes à accepter des conditions d’embauche précaires. 

Les élus « UNEF et associaions étudiantes » réclament le droit commun et des mesures ambitieuses pour une insertion professionnelle durable et de qualité :

- Une aide financière à la recherche du premier emploi pour en finir avec le sas de précarité dans lequel sont enfermés les étudiants entre la fin de leurs études et leur premier emploi stable. Ne bénéficiant d’aucune aide sociale, ils sont contraints d’accepter n’importe quel emploi. Cette aide doit être d’un montant suffisant pour vivre.

- La reconnaissance  des diplômes dans les conventions collectives afin que le niveau de rémunération des salariés inscrit dans les grilles salariales corresponde au niveau de qualification. Chaque diplôme doit être reconnu dans les conventions collectives et doit correspondre à un niveau de poste et à une tranche de salaire.

Dossier réalisé par Sébastien Chaillou
Élu au CNESER

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