L’UNEF pour la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’ONU

Vendredi 23 septembre, le président Mahmoud Abbas a remis à l’ONU une demande historique de reconnaissance de l’Etat palestinien. Alors que le Moyen-Orient est traversé par un profond mouvement d’aspiration à la transformation sociale et démocratique et que les infractions répétées aux conventions internationales par le gouvernement israélien révèlent chaque jour l’urgence d’une solution politique au conflit israélo-palestinien, cette initiative doit être un pas majeur pour relancer le processus de paix.

63 ans après la partition de la Palestine en deux Etats et le vote à l’ONU de la résolution 181 ouvrant la voie à la création de l’Etat d’Israël, il est temps que les Palestiniens bénéficient des mêmes droits. Face à l’échec des nombreuses négociations – gelées depuis un an- et à l’escalade de la violence et de l’insécurité qui en découle, le processus de paix est aujourd’hui dans une impasse dangereuse. Mais la construction de nouvelles colonies en Cisjordanie, le mur de séparation, les contrôles aux check-point, la confiscation des terres et la violation quotidienne des résolutions de l’ONU ne peuvent être acceptées. Si la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’ONU n’est qu’une étape et ne mettra pas fin à la relation asymétrique entre Israël et la Palestine, elle poserait cependant les bases d’une véritable négociation, entre Etats, en faisant primer le droit sur toutes les formes de violence.

Cette initiative est cependant confrontée à certains obstacles. Alors que six membres du Conseil de sécurité, permanents ou non, ont déclaré qu’ils approuvaient la demande palestinienne (Chine, Russie, Brésil, Inde, Liban et Afrique du Sud), l’Europe, indécise, semble incapable d’élaborer une doctrine et les Etats-Unis ont déclaré qu’ils opposeraient leur veto en cas de recommandation du Conseil à l’Assemblée générale de l’ONU. Mais malgré les tractations diplomatiques intenses de la semaine dernière, l’Autorité palestinienne n’a pas renoncé à déposer sa candidature pour devenir le 194ème Etat membre de l’ONU. Elle a de plus fait savoir qu’en cas d’échec au Conseil, elle pourrait user de l’option d’un vote direct à l’Assemblée générale – où une majorité lui est acquise- qui pourrait lui conférer le statut intermédiaire d’Etat observateur non membre. Ce statut leur permettrait notamment d’adhérer à la Cour Pénale International.

Signe que cette démarche faciliterait la reprises des négociations, le quartet pour le Moyen-Orient (Etats-Unis, Union européenne, ONU, Russie) a proposé, quelques heures après le dépôt de la candidature palestinienne, un calendrier pour la reprises des négociations et des discussions préparatoires commençant dans un mois. Si aucune solution politique ne doit être écartée, ces annonces présentent cependant encore peu de garanties, notamment dans le contexte politique actuel. Les prochaines élections israéliennes ne sont pas prévues avant 2013 et un changement de majorité n’est pas garanti. Si Mahmoud Abbas a démontré sa capacité relative à la dépasser, la division entre le Hamas (Gaza) et le Fatah (en Cisjordanie) divise toujours le camp palestinien. Quant aux Etats-Unis, les élections présidentielles relèguent les grandes décisions diplomatiques au second plan jusqu’au début de l’année 2013. Les revendications légitimes des palestiniens sont dès lors confrontées au refus d’Israël de reconnaître un Etat palestinien, libre et indépendant, dans les frontières de 1967 comprenant donc la Cisjordanien, la bande de Gaza et ayant Jérusalem-Est pour capitale. La question complexe des milliers de réfugiés palestiniens étant notamment un enjeu majeur pour les deux parties. L’aboutissement de la démarche de l’autorité palestinienne à l’ONU serait dès lors une étape majeure pour sortir de l’impasse actuelle.

En tant que syndicat internationaliste engagé pour la paix, la justice et les droits humains, l’UNEF soutient les peuples palestiniens et israéliens et leur droit de vivre en paix dans des Etats libres et souverains aux frontières sûres. La reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 sera un pas majeur vers une paix juste et durable au Moyen-Orient.

L’UNEF appelle ainsi la France et l’Union européenne à prendre leurs responsabilités en approuvant à la prochaine assemblée générale de l’ONU et au Conseil de sécurité pour les membres permanents la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Appel de personnalités pour le reconnaissance de l’Etat palestinien à l’ONU

Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur le sort réservé aux Palestiniens depuis 63 ans !

Colonisation ininterrompue, maisons détruites en masse, mur de la honte, contrôles aux check-points, confiscation de terres arables, privation d’accès àl’eau, racisme d’État, violation quotidienne des résolutions de l’ONU, humiliations permanentes… Ça ne peut plus durer !

Au moment, où de nombreux peuples se révoltent dans tous le Moyen-Orient pour trouver la voie de la démocratie, de la justice et de l’égalité, les aspirations du peuple palestinien doivent être entendues. Le temps est venu que les choses changent !

Bien sûr, l’échec des nombreuses négociations menées depuis 20 ans et l’escalade de la violence qui en découle pourraient décourager. La solution existe pourtant, simple et juste : un État palestinien pour le peuple palestinien.

En septembre, s’enclenche un processus qui doit conduire la Palestine à être reconnue comme un État, le 194ème membre de l’ONU.

Le peuple palestinien a le droit à cet État, libre et indépendant, dans les frontières de 1967 (Cisjordanie, bande de Gaza, Jérusalem-Est comme capitale), aux côtés de l’État israélien. C’est la condition de justice qui peut seule ouvrir un horizon de paix dans la région.

La France et l’Union européenne doivent soutenir activement cette chance historique.

En tant que citoyens engagés pour la paix, nous soutenons les peuples palestinien et israélien et leur droit de vivre en paix dans des États libres et souverains aux frontières sûres.

En tant que citoyens engagés pour la justice et les droits humains, nous appelons la France et l’Union européenne à prendre leurs responsabilités en approuvant à la prochaine assemblée générale de l’ONU – et au Conseil de sécurité pour les membres permanents – la reconnaissance de l’État palestinien.

Premières personnalités qui ont accepté de le cosigner :

- A –
Christophe Alévêque, humoriste et chroniqueur
Henri Alleg, ancien directeur d’Alger Républicain, président d’honneur de l’association de la cause anticolonial
Pouria Amirshahi, secrétaire national au droit de l’Homme du PS
Pierric Annoot, secrétaire général des jeunes communistes (MJCF)
Mouloud Aounit, président d’honneur du MRAP
Gérard Aschieri, syndicaliste

- B –
Nicole Borvo Cohen-Seat, président du groupe CRC-SPG du Sénat
José Bové, député européen
Marie George Buffet, députée, ancienne ministre

- C –
André Chassaigne, député

- D –
Didier Daeninckx, romancier
Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes Socialistes (MJS)
Olivier Dulac, neuropédiatre, hôpital Necker

- F –
Patrick Farbiaz, animateur de l’association « Sortir du colonialisme »
Jacques Fath, responsable des relations internationales du PCF
Gérard Filoche, inspecteur du travail en retraite
Luc Foulquier, Ingénieur-chercheur en écologie

- G –
Jérôme Gleize, membre de l’exécutif d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV)
Pierre Gosnat, député
Robert Guédiguian, réalisateur
Marion Guénot, secrétaire national de l’UEC

- H –
Gisèle Halimi, avocate et ancienne ambassadrice de France
Denise et Hassan Hamouri, enseignante et commerçant
Salah Hamouri, étudiant franco-palestinien et prisonnier politique en Israël
Jacky Hénin, député européen
Stéphane Hessel, ambassadeur de France
Elie Hoarau, député européen, secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais.

- J –
Benjamin Joyeux, responsable de la commission transnationale EELV

- L –
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
Yvan Le Bolloch’, comédien et musicien
Jean Paul Lecoq, député
Jean Claude Lefort, député honoraire
Patrick Le Hyaric, député européen, directeur du journal l’Humanité.
Didier Le Reste, cheminot, syndicaliste
Marie-Noëlle Lienemann, membre du bureau national du PS

- M –
Gilles Manceron, historien, Ligue des droits de l’Homme
Catherine Margatte, maire de Malakoff
Henri Martin, résistant
Jean Luc Mélenchon, député européen, vice-président du Parti de gauche
Catherine Mills, maitre de conférences à la Sorbonne
Roland Muzeau, député, porte parole des députés communistes, républicain et du Parti de gauche

- N –
Jacques Nikonoff, porte parole du M’PEP

- P –
Daniel Paul, député
François Périnet, maitre de conférences à Paris Sud
Christian Piquet, porte parole de la gauche unitaire

- Q –
Yvon Quiniou, philosophe

- S –
Georges Séguy, syndicaliste, déporté et résistant
Lucien Sève, philosophe

- T –
Taoufiq Tahani, universitaire
Nils Tavernier, acteur et réalisateur

- V –
Marie Christine Vergiat, députée européenne
Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix
Daniel Voguet, avocat à la cour d’appel de Paris

- W –
Edouard Wagneur, mathématicien
Francis Wurtz, député européen honoraire

- Z
Emmanuel Zemmour, président de l’UNEF