PLF de 2012 : L’UNEF s’oppose à un budget dépressif

François Baroin, ministre de l’économie, et Valérie Pécresse, ministre du budget, ont présenté hier en conseil des ministres les grandes lignes du Projet de Loi de Finance (PLF) pour l’année 2012. Avec la présentation de son budget, le gouvernement confirme le cap fixé par François Fillon cet été pour l’année 2012 : celui de l’austérité.

C’est un budget dépressif que nous propose le gouvernement et qui promet comme seul horizon des restrictions pour le plus grand nombre au profit de la satisfaction de quelques uns sur les marchés financiers. Aucune mesure pour l’emploi, aucune pour les salaires. Si le versement intégral d’un dixième mois de bourse est une avancée pour 20% des étudiants, la majorité des jeunes ne bénéficie d’aucune mesure sociale pour répondre à ses difficultés.

L’UNEF dénonce une politique budgétaire injuste qui réduit le pouvoir d’achat des plus fragiles pour financer les économies de l’État.

L’éducation en ligne de mire 

Nicolas Sarkozy fait payer à l’Éducation Nationale le plus lourd tribut de sa politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Avec 14 000 nouvelles suppressions de postes pour 2012, portant à 66 000 le nombre de postes d’enseignants supprimés depuis l’élection du chef de l’État, l’école est désormais au bord de l’implosion. Plus aucun établissement scolaire n’a désormais les moyens  humains pour garantir un bon encadrement des élèves et la réussite de tous. En supprimant de nouveaux postes, le gouvernement fait également disparaître des perspectives d’emploi pour les jeunes dont le taux de chômage culmine déjà à 25%.

La santé des étudiants va trinquer

Le plan de rigueur du gouvernement prévoit de taxer les complémentaires santés à hauteur de 7%. Cette mesure aura un impact direct sur la santé des étudiants. Dans un contexte où deux étudiants sur trois ont moins de 600 euros pour vivre, cette mesure va accélérer le renoncement au soin, déjà une réalité pour 20% des étudiants. Ponctionner de l’argent sur la santé des jeunes pour financer la dette, voilà le choix politique qui nous a été présenté par le premier ministre.  

Les jeunes refusent de payer le AAA de la France

A l’heure où 100 000 jeunes vivent sous le seuil de pauvreté, les mesures du plan d’austérité (taxes sur les complémentaires santé, taxes sur les sodas) cumulées à l’augmentation continue des dépenses obligatoires des étudiants (frais d’inscription, prix du ticket RU, sécurité sociale…) vont s’ajouter aux nouvelles charges qui pèsent sur le budget étudiant (les dépenses obligatoires ont augmenté de 33,2% depuis 2006 alors que les aides n’ont augmenté que de 13%). Cette aggravation de la situation sociale des jeunes risque d’exclure une part plus importante d’entre eux de l’accès au diplôme, alors que la part d’étudiants issus de milieu modeste a déjà diminué de 9% depuis 2006.

L’UNEF s’oppose à ce budget dépressif et rappelle que l’augmentation du nombre de diplômés est une nécessité économique pour améliorer la croissance de demain. Seul un investissement d’ampleur dans l’éducation peut permettre de sortir durablement de la crise avec l’augmentation du niveau de qualification de la population.

L’UNEF fera de la lutte contre l’austérité un des enjeux de son Collectif National du 1er et 2 octobre, qui verra 1000 étudiants de toute la France rassemblés à Paris.

L’UNEF appelle les jeunes et les étudiants à se joindre à la journée d’action du 11 octobre pour exprimer leur refus de l’austérité, exiger la défense du service public et un investissement dans la jeunesse.