Sciences-Po : l’UNEF solidaire des étudiants anglais

Le 12 septembre, l’Institut d’études politiques de Paris accueillait dans ses murs le conservateur David Willets, ministre britannique du gouvernement Cameron chargé de l’Université et de la Recherche, pour une conférence dont l’intitulé laisse rêveur : « Putting students at the heart of the system »…

Un accueil en grandes pompes pour un ministre à l’origine du plus grand mouvement étudiant anglais depuis fort longtemps. La cause ? Une réforme qui augmente le plafond des frais d’inscriptions de 3000 livres (3500 €) à 9000 livres (10 4000 € !) par an. On appréciera alors toute l’ironie douloureuse du titre de la conférence.

De l’autre côté de la Manche, au Chili ou en France, les étudiants refusent la logique d’un enseignement supérieur qui serait réservé aux plus privilégiés. L’explosion des frais d’inscription, c’est l’endettement assuré pour les étudiants et leurs familles — fragilisant leur avenir et leur faisant payer une crise dont ils ne sont pas responsables! —, c’est l’abandon de toute perspective d’autonomie pour les étudiants, condamnés à dépendre toujours plus longtemps de leurs parents — d’autant que le coût de la vie dans les grandes villes britanniques est exorbitant… —, c’est l’assurance enfin d’inégalités sociales qui perdurent de génération en génération. En vérité, c’est tout ce qui reste du service public britannique, déjà fortement affaibli au cours des dernières années, qu’on sacrifie, et avec lui la possibilité pour tous d’accéder à l’université et à un diplôme.

L’UNEF a donc accueilli comme il se doit ce représentant de la contre-réform: un comité d’accueil qui lui a rappelé qu’ici aussi, nous refusions cette politique libérale. Car ici comme là-bas, les étudiants aspirent à une autre politique universitaire : un service public gratuit, ouvert à tous, qui se fixe l’objectif d’une élévation générale du niveau de formation et financé par l’Etat. Un rappel salutaire, à l’heure où l’on tente de nous faire croire qu’augmenter la part payée par les étudiants serait inévitable, normal, banal, voir même social ou progressiste.

En France comme en Angleterre nous disons NO CUTS, NO FEES, EDUCATION SHOULD BE FREE ! Pas de coupe budgétaire, pas de frais, l’éducation doit être gratuite !