Motion « L’éducation chilienne n’est pas à vendre, elle est à défendre »

L’UNEF exprime son entière solidarité avec la jeunesse chilienne et organisera à ce titre un grand meeting internationaliste vendredi 7 octobre à La Sorbonne en présence de leaders étudiants chiliens, espagnols, britanniques, italiens et belges.

 Depuis plus de quatre mois, la jeunesse chilienne se mobilise massivement pour une éducation publique, gratuite et de qualité. Confrontés au système éducatif le plus cher du monde après les Etats-Unis et un des plus privatisés, les étudiants exigent que l’éducation soit considérée comme un droit et non plus comme une marchandise.

 Au lieu de dépasser la forte segmentation sociale de la société chilienne, le système scolaire ne sert qu’à alimenter les inégalités. Avec plus de la moitié des étudiants inscrits dans une université privée dont les prix varient de 350 à 1300 euros par mois et de rares universités publiques que l’Etat ne finance qu’à hauteur de 10% maximum par mois, l’accès aux études de qualité n’est réservé qu’aux enfants de milieux favorisés. Condamnés à s’endetter pour étudier, les étudiants passent ensuite leur vie à rembourser leurs prêts.

 La politique d’éducation est ainsi devenue le symbole d’un gouvernement qui n’a pas tourné la page libérale des années Pinochet sur le plan économique. Des enseignants aux présidents d’universités publiques, l’ensemble de la communauté éducative se soulève aujourd’hui. Au côté de la jeunesse, les mineurs appellent à nationaliser les mines de cuivres pour financer les réformes du système éducatif.

 Bientôt 5 mois après les premières manifestations, ce mouvement social historique bénéficie toujours de plus de 80% de soutien au sein de la population chilienne. A présent, tous les soirs à 21h, les habitants de Santiago tapent sur des casseroles et se réapproprient ainsi les fameux « caserolazos » des opposants à la dictature.

A deux mois de la fin de l’année universitaire chilienne, le pouvoir chilien tente le tout pour le tout pour diviser et casser le mouvement. Mais ce mouvement massif continue à le tenir en échec. Véritable réveil d’une génération qui n’a pas connu la dictature militaire, cette mobilisation remet à présent en cause l’ensemble du système libéral hérité du régime Pinochet.

L’UNEF exprime son entière solidarité avec les étudiants chiliens. A ce titre, les trois leaders du mouvement étudiant viendront en France du 7 au 11 octobre suite à une invitation de l’UNEF notamment. (et de l’Institut international de Recherche Politique de civilisation dirigé par Edgar Morin et de l’ORUS). Hormis leur rencontre avec Stéphane Hessel et leurs visites à l’ONU et au Parlement européen, cet échange sera l’occasion d’une rencontre entre les représentants des étudiants mobilisés ces derniers mois lors d’un meeting le mardi 18 octobre « Face à la crise, priorité à l’éducation ».

A l’heure où les politiques de rigueur menées dans toutes l’Europe font payer le plus lourd tribut à l’éducation et promettent comme seul horizon des restrictions pour le plus grand nombre au profit de la satisfaction de quelques uns sur les marchés financiers, l’UNEF rappelle que seul un investissement d’ampleur dans l’éducation peut permettre de sortir durablement de la crise.