Aides au logement : l’UNEF s’inquiète des déclarations de Gilles Carrez

Ce matin lors d’une interview sur RMC, Gilles Carrez, député et rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée Nationale, a proposé de conditionner l’attribution des aides au logement (APL) des étudiants aux ressources de leurs parents. Ces propos s’inscrivent dans le cadre du plan de réduction des dépenses du gouvernement.

En remettant en cause l’universalité des aides au logement par des critères d’attribution injustes, caduques et restrictifs, le député Carrez préconise de faire de nouvelles économies sur le dos des étudiants. L’UNEF dénonce l’irresponsabilité de cette proposition à l’heure où l’augmentation des dépenses obligatoires (+33% en 5 ans) et la faiblesse du système d’aides sociales ont provoqué un mouvement inédit de recul de la démocratisation de l’enseignement supérieur.

Les APL des aides indispensables pour les étudiants

L’explosion des prix des loyers ainsi que la pénurie de logement sociaux du CROUS (qui n’accueillent que 7% de la population étudiante) ont fait du logement le premier poste de dépense des étudiants.  Les APL représentent le seul moyen pour ses 700 000 étudiants bénéficiaires d’accéder à un logement indépendant et donc de poursuivre les études de leur choix.

En restreignant le calcul des APL sur la base des ressources parentales, le gouvernement prendrait la responsabilité d’accroître les difficultés d’accès à un logement et d’amplifier la précarité étudiante. Alors que 73% des étudiants sont contraints de concilier salariat et études, cette mesure aurait des conséquences dramatiques sur leurs conditions de vie et sur leur capacité à accéder à l’enseignement supérieur.

Les APL, seules aides universelles disponibles pour les étudiants  

Au-delà d’une diminution inacceptable du montant des aides sociales pour les étudiants, le député Carrez défend l’idée d’une attribution des APL sur critères familiaux. Cette idée avait déjà été avancée en 2008 par Christine Boutin, ministre du logement. Plus récemment en 2010, dans le cadre d’un plan d’économie budgétaire, le gouvernement avait tenté de mettre fin au cumul aides au logement/demi-part fiscal. A ces deux reprises, la mobilisation de l’UNEF et des étudiants a amené le gouvernement à reculer sur sa volonté de remise en cause des APL.

En effet, la fin de l’universalité des APL irait à rebours des besoins réels des étudiants. Cette mesure renforcerait le carcan de la dépendance familial dans lequel sont enfermés les étudiants pendant toute la durée de la scolarité. De plus elle sonnerait comme une double peine pour les 70% d’étudiants laissés aux portes du système de bourse qui se verraient désormais privés de la seule aide à laquelle ils ont droit.

Si le député Carrez s’inquiète de la justice sociale, il devrait d’abord proposer de plafonner les exonérations d’impôts pour les familles les plus aisées au titre de la demi-part fiscale. Les sommes ainsi économisées pourraient être reversées aux étudiants bénéficiaires les plus défavorisés.

L’UNEF met le gouvernement fermement en garde contre la tentation reprendre à son compte une telle provocation et, le cas échéant userait de tous les moyens pour sauvegarder le système des APL.