Etudiants étrangers : le double discours du gouvernement

La triple précarité des étudiants étrangers

Le 10 mai dernier lors du G8-G20, à l’occasion d’une conférence consacrée à « l’attractivité de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse parlait d’excellence de la recherche et déclarait vouloir « atteindre d’ici à 2015 un nouvel équilibre avec deux tiers au moins des étudiants internationaux » en master et doctorat.

Mais cette volonté d’attirer les étudiants étrangers pour favoriser « l’excellence » de la recherche française s’oppose à la politique d’immigration xénophobe du gouvernement. Le quotidien des étudiants étrangers, en particulier celui des doctorants étrangers, est loin d’être aussi « attractif » que le souhaite Valérie Pécresse.

Les étudiants étrangers vivent une triple précarité. Précarité sociale d’abord car ils ont un accès très limité au système d’aide sociale. Précarité pédagogique ensuite du fait du sous-encadrement, notamment dans l’enseignement du français. Précarité administrative enfin en raison des difficultés pour obtenir visas et titres de séjour qui relèvent d’un véritable parcours du combattant.

Deux attaques inadmissibles

La situation des étudiants étrangers a encore été aggravée par de nouvelles mesures de la politique discriminatoire du gouvernement. Le 31mai Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, publiait ainsi une circulaire durcissant les conditions de délivrances des autorisations de travail et alourdissant les procédures de changement de statut auxquels les étudiants étrangers non ressortissants de l’UE doivent se soumettre pour travailler en France. Cette circulaire touche particulièrement les étrangers diplômés d’une Grande Ecole ou titulaires d’un doctorat qui se retrouvent sans titre de séjour malgré la promesse d’embauche d’une entreprise.

Le 6 septembre c’est l’article 36 du décret d’application de la loi relative à l’immigration, l’intégration et la nationalité du 16 juin 2011, qui augmente les ressources financières minimales pour se voir accorder un titre de séjour, en les faisant passer de 4 000 à 5 500 euros, quitte à faire basculer implacablement des centaines d’étudiants dans l’irrégularité.

L’égalité des droits entre étudiants étrangers et étudiants français !

L’UNEF et la FENEC exigent le retrait immédiat de la circulaire Guéant et de cette nouvelle exigence financière faite aux étudiants étrangers, et demande l’égalité des droits entre étudiants étrangers et étudiants français sur tous les plans :
Retrait de la circulaire Guéant et des nouvelles exigences financières pour les étudiants étrangers
Une carte d’étudiant = un titre de séjour
Même condition d’accès aux aides sociales et aux cités universitaires du CROUS pour les étudiants français et étrangers

L’UNEF et la FENEC se mobiliseront aux coté des associations d’étudiants étranger. Si tu souhaites mener cette bataille avec nous, n’hésite pas à nous contacter !

Timothée Duverger, élu CA à Bordeaux III
doctorants@unef.fr

Partager cet article...
Commentaires...
Nos derniers articles...