Budget : après les mensonges, la gueule de bois !

Le 24 novembre 2011
@ : http://l.unef.fr/9t
Financement

Le projet de loi de finances 2012 intervient dans un contexte de crise économique, à l’heure où le gouvernement vient de présenter en quelques mois deux plans de rigueur successifs. Le projet de loi de finances et sa mission enseignement supérieur et recherche s’inscrivent donc dans la cure d’austérité de près de 16 milliards d’euros qui est imposée au pays.

La volonté politique de construire des budgets rigoureux explique les difficultés pour le gouvernement à afficher un budget à la hausse. C’est finalement par de nouveaux tours de passe passe budgétaires que le ministère de l’enseignement annonce pour la cinquième année consécutive un budget en hausse par rapport à l’exercice précédent.

Cette année pourtant, les discours se heurtent à l’évidence de la réalité. Loin de l’autosatisfaction du ministère, les difficultés se font sentir dans un nombre croissant d’universités et de CROUS. Budgets en déséquilibre, mises sous tutelle, gels de recrutements, CROUS asphyxiés, retards de bourses… autant de signes qui tranchent avec les milliards d’euros d’investissement que le gouvernement ne cesse de revendiquer.

L’UNEF revient dans ce dossier sur cinq années de mensonges qui ont fait passer un désengagement progressif de l’Etat de ses missions d’enseignement supérieur et de recherche pour un politique d’investissement sans précédents. A l’opposé de cette politique de désengagement qui fragilise les étudiants, l’UNEF défend des mesures de relance de l’économie par l’investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Nicolas Sarkozy n’a pas tenu ses engagements budgétaires.

En 2007, Nicolas Sarkozy affichait des ambitions fortes pour l’enseignement supérieur et la recherche et décidait d’en faire la priorité de son quinquennat. Pour accompagner l’autonomie des universités, il promettait ainsi de faire augmenter le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche de 8 milliards d’euros en 5 ans. Malgré les efforts annuels du ministère de l’enseignement supérieur pour présenter des budgets en hausse par des méthodes de calculs peu rigoureuses, les comptes n’y sont pas. En multipliant les hausses de crédits fictives, le ministre Laurent Wauquiez parvient péniblement à afficher une augmentation pour le budget 2012 de 769 millions d’euros par rapport à l’année dernière ; cela pour atteindre une hausse de … 4,1 milliards d’euros entre le budget 2007 et le budget 2012.

Une situation explosive dans les universités.

Au delà des engagements présidentiels, le décalage entre la situation réelle dans laquelle se retrouvent les universités cette année et l’abondance de moyens affichée par le gouvernement est frappant. Le retour de bâton de l’autonomie des universités est particulièrement violent. La moitié des établissements (45 universités y compris à Bordeaux pourtant bénéficiaire des crédits du grand emprunt !) connaissent des difficultés à présenter un budget à l’équilibre. 8 d’entre elles ont été mises sous tutelle. Aucune n’est en capacité d’appliquer la réforme de la licence et en particulier l’augmentation du nombre d’heures d’enseignement qui doit être porté au minimum à 1500 heures par an.

La situation est similaire en ce qui concerne le budget vie étudiante. Sur 28 CROUS, 21 voient leurs crédits de fonctionnement baisser. Les étudiants ont de plus en plus de mal à obtenir des aides alors que la crise les fragilise socialement. Les retards de bourses s’accumulent et les difficultés à financer une année d’étude sont croissantes.

Un désengagement de l’Etat déguisé.

Dans l’analyse du PLF 2012, l’UNEF revient sur les causes de la crise financière qui touche les universités. Comme chaque année, le gouvernement compte des exonérations fiscales (174 millions d’euros sur les 769 annoncés) comme des crédits supplémentaires. De même, il se garde de calculer son budget en euros constants lorsque l’inflation de 1,7% diminue le budget réel de près de 421 millions d’euros. Les 237 millions d’euros restants permettent à peine aux établissements d’encaisser le choc de leurs nouvelles missions dans le cadre de l’autonomie.

L’analyse du budget 2012 et du décalage entre ce que vivent les universités et l’autosatisfaction du gouvernement sera l’occasion pour l’UNEF de revenir sur 5 ans de politique de désengagement de l’Etat en comparant le budget de 2007 à celui de 2012. Nous ferons ensuite part des amendements au budget 2012 que nous proposons.

Bonne lecture !

vous pouvez télécharger le dossier d’analyse de l’UNEF à cette adresse : http://unef.fr/plf-2012.pdf

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