Mastérisation : « excès de pouvoir » et recul du gouvernement

La mise en œuvre de la réforme très contestée de la formation des enseignants, dite réforme de la mastérisation, avait permis au gouvernement de faire de nombreuses économie en supprimant le statut de fonctionnaire stagiaire pour les étudiants et en faisant passer de mi-temps à temps plein les nouveaux enseignants. Cette réforme a ainsi permis de supprimer 16 000 postes de fonctionnaire tout en mettant de nouveaux enseignants à plein temps devant des classes sans les former en parallèle à l’exercice de leur métier au sein des IUFM. 

Le conseil d’Etat pousse à la fin du temps plein pour les stagiaires

Dans la foulée de la mobilisation contre la réforme de la mastérisation, certains syndicats de l’éducation nationale ont attaqué en justice l’arrêté du 12 mai 2010 qui a fait passer de mi-temps à temps plein les nouveaux enseignants et CPE abrogeant ainsi l’arrêté du 19 décembre 2006 qui fixait le temps de service en responsabilité des stagiaires à 8 heures par semaine et imposait une formation dans le cadre des IUFM.

Dans sa décision du 28 novembre 2011, le Conseil d’Etat  vient d’annuler l’article 3 et l’article 6 de l’arrêté du 12 mai 2010, pour « excès de pouvoir » du gouvernement. En effet, le ministère de l’Education Nationale ne peut pas seul abroger un arrêté. Selon le Conseil d’Etat, il aurait du consulter le Haut Conseil de l’Education… ce qu’il n’a pas fait.

Au-delà de tous les rapports qui critiquent la mise en œuvre de la réforme de la mastérisation, ce rappel à l’ordre est une preuve supplémentaire de l’amateurisme dont à fait preuve gouvernement. La réforme de la formation des enseignants a été faite dans la précipitation sans consultation des acteurs de la communauté universitaire et éducative et dans un souci d’économie budgétaire. Cependant la décision est en « sursis ». Le Conseil d’Etat appelle à un débat entre les parties prenantes pour discuter des effets de cette annulation, avant de la faire appliquer.

L’UNEF demande l’application immédiate de l’annulation des 2 articles de l’arrêté. Cela implique le retour aux conditions de formation antérieures à 2010, c’est-à-dire 8h de stages dans les établissements par semaine pour les futurs enseignants, 15h pour les futurs CPE, ainsi qu’une réelle formation au sein des IUFM. L’UNEF demande une remise à plat complète de la réforme de la formation des enseignants faite dans la précipitation et contre l’avis des étudiants et des enseignants. 

Le gouvernement recule sur la certification en langue

Autre évolution dans la formation des enseignants, le récent recul du gouvernement sur les certifications en langues. La 2ème année de master  « métiers de l’enseignement » est très chargée. Les étudiants doivent passer l’écrit puis l’oral du concours, tout en ayant dans le même temps présenté un mémoire, validé le master, obtenu une certification en langues (CLES 2), et en informatique (C2I2). Sous la pression des syndicats qui demandent l’allègement de l’année de master 2, le ministère de l’Education Nationale cède enfin et rend facultatif l’obtention du CLES2 sous certaines conditions. Officiellement, le CLES2 est toujours demandé mais un étudiant qui a au minimum la moyenne dans les UE de langues au cours de sa licence ou son master est considéré comme ayant le CLES2.  Le problème reste néanmoins entier pour la certification en informatique.