Santé des étudiants : un accord indispensable … mais tout reste encore à faire

Le ministre Laurent Wauquiez a annoncé aujourd’hui la signature d’un accord entre la CNAMTS (Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés) et les mutuelles étudiantes. Cet accord prévoit une augmentation de la remise de gestion délivrée aux mutuelles étudiantes à 52 euros par étudiant pour financer leur mission de service public. L’UNEF prend acte de cette mesure indispensable pour la pérennité du régime étudiant de sécurité sociale mais rappelle que tous les problèmes ne sont pas réglés.

Un accord qui intervient après des années d’affaiblissement de l’accès aux soins des étudiants

Fragilisés par la crise et par un système d’aides sociales obsolète, les étudiants sont de plus en plus nombreux à connaître des difficultés à se soigner. Ce sont chaque année, 20% d’entre eux qui se retrouvent dans l’incapacité financière de bénéficier d’une couverture complémentaire.

Loin de prendre de véritables mesures pour faciliter l’accès aux soins, le gouvernement a préféré faire supporter aux étudiants de nouvelles économies budgétaires sous forme de taxes ou d’augmentation de la cotisation étudiante au régime de sécurité sociale (aujourd’hui de 203 euros par an). De plus le sous-financement chronique des mutuelles étudiantes a rendu impossible toute politique ambitieuse en matière de prévention ou d’accompagnement dans le parcours de soins.

Dans ce contexte l’annonce du doublement de la taxe sur les complémentaires santés (de 3,5% à 7%) a mis le feu aux poudres en septembre dernier. Une pétition a aussitôt été mise en circulation par l’UNEF pour exiger l’exonération de la taxe pour les étudiants ainsi que des mesures facilitant l’accès aux soins. Au premier rang desquelles un chèque santé national ainsi qu’un refinancement des mutuelles étudiantes pour leur permettre d’assurer leurs missions. A ce jour, plus de 50 000 étudiants ont déjà signé cette pétition et des centaines d’entre eux ont participé à des rassemblements pour exiger des réponses du ministre.

Une première réponse qui doit en appeler d’autres

Sous la pression étudiante, le gouvernement a finalement été contraint de revoir à la hausse le financement des mutuelles étudiantes. L’UNEF prend acte de cet accord indispensable pour la pérennité du régime de sécurité sociale étudiante et pour permettre aux mutuelles de remplir leur mission de service public.

Cependant, l’UNEF rappelle au ministre que tous les problèmes concernant l’accès aux soins des étudiants sont loin d’être réglés. A l’heure actuelle, 1 étudiant sur 3 renonce toujours à se soigner pour des raisons financières et 92% d’entre eux ont recours à l’automédication pour ne pas avoir à payer des consultations devenues trop chères.

L’UNEF reste inquiète quant à la situation sanitaire des étudiants qui dégrade non seulement les conditions de vie et d’études des jeunes mais qui pourra aussi entraîner des surcoûts pour la sécurité sociale demain.

L’UNEF demande une pérennisation de la sécurité sociale étudiante par un renforcement de ses missions et prérogatives. Cela passera inévitablement par la mise en place d’un statut social pour les jeunes en formation et en insertion, seule réponse à même de reconnaître le droit à l’autonomie des étudiants et de les protéger face à la crise. 

 

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