Des budgets de pénurie dans les universités !

L’ensemble des établissements d’enseignement supérieur devaient voter leur budget pour l’année 2012 avant la fin de l’année 2011. Le Projet de Loi de Finance pour l’enseignement supérieur annonçait un budget de rigueur pour les universités et le vote du budget des établissements ne l’a pas démenti. Pour la première fois, des présidents d’universités ont dénoncé publiquement le manque de moyens accordé à leurs établissements. Les présidents des universités de Pau, Lorient-Vannes, Nantes, Limoges ou Bordeaux 3 particulièrement touchées par la rigueur budgétaires sont intervenus dans la presse. La Conférence des Présidents d’Universités a fait entendre ses inquiétudes et l’ensemble la communauté universitaire a dénoncé le budget de rigueur pour l’enseignement supérieur et la recherche.

Des budgets qui dégradent nos conditions d’études

Le travail des élus étudiants de l‘UNEF a permis de mettre à jours les difficultés rencontrées par les établissements et qui auront des conséquences néfastes pour nos conditions d’études. Alors que la majorité des universités voient leurs dépenses augmentés (du prix de l’énergie jusqu’au coût de la masse salariale) les dotations du ministère sont en stagnation voir en baisse. Pour pouvoir voter un budget en équilibre les universités sont obligés de puiser dans leurs fonds de réserve ou de faire des économies dont les étudiants sont les premières victimes. Beaucoup d’universités ont ainsi dû geler des postes (ne pas recruter de personnels), fermer des filières à petits effectifs ou encore supprimer certains enseignements. Alors que la stratégie des directions d’universités a oscillé entre résignation et protestation pour réclamer une rallonge budgétaire au ministère, l’UNEF a résolument fait le choix de défendre l’intérêt des étudiants en refusant toute restriction budgétaire qui dégraderait nos conditions d’études.

Les chiffres qui font mal.

Plusieurs centaines de postes gelés dans les universités (14 à Paris 7, 18 à Lorient-Vannes ou encore 33 à Rennes 1)

Au moins 55 millions d’euros prélevés dans les fonds de réserves des universités pour assurer des budgets en équilibre

5 établissements qui ont rejeté ou repoussé leur budget pour dénoncer la pénurie budgétaire

7 universités ou écoles mises sous-tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et qui se sont vues imposer leurs coupes budgétaires

Un mois de bataille budgétaire

Dans de nombreuses universités l’UNEF a mobilisée les étudiants avec l’organisation de rassemblements (comme à Lorient-Vannes, Montpellier 3, Paris 1 ou Lille 3). Elle a réussi à obtenir le rejet ou le report du vote du budget dans 5 universités. Cette mobilisation permet à la fois de dénoncer la politique budgétaire du gouvernement, de faire pression pour obtenir des moyens supplémentaire et par le travail dans les conseils, de peser pour épargner les étudiants des conséquences de la rigueur budgétaire.

En appliquant la rigueur budgétaire à l’enseignement supérieur, le gouvernement remet en cause notre avenir. Privée des moyens nécessaires pour fonctionner, les universités ne peuvent pas offrir aux étudiants les conditions d’études et l’encadrement pédagogique nécessaire pour permettre leur réussite.

Zoom sur La bataille budgétaire à Lorient-Vannes

L’université Bretagne Sud est un outil indispensable pour le service public d’enseignement supérieur. En accueillant 40% d’étudiants boursier l’université assurent un rôle d’ascenseur social indispensable pour les étudiants qui n’ont pas les moyens financier d’aller dans les pôles universitaires de Nantes ou Rennes.

Pour autant, les universités de proximité sont les plus frappées par la rigueur budgétaire imposée par le gouvernement. L’élaboration du budget de l’université Bretagne Sud a permis de constater un manque de 1,3 millions d’euros pour pouvoir voter un budget 2012 à l’équilibre. Plutôt que d’imposer des restrictions budgétaires aux étudiants (18 gels de postes supplémentaires, diminution des moyens des différentes filières ou encore fermeture de l’école d’ingénieur) les élus du Conseil d’Administration et les militants de l’UNEF ont fait le choix de rejeter le budget de l ‘université à l’unanimité.

La bataille ne fait que commencer. Il s’agit maintenant de faire entendre nos revendications et de mettre la pression au ministère pour obtenir la rallonge budgétaire nécessaire. Les militants de l’UNEF ont lancé des « Etats-Généraux » qui permettent de faire remonter les problèmes rencontrés par les étudiants à cause de la pénurie budgétaire. Ils ont lancé une campagne de pétition pour interpeler le ministère et exiger que celui-ci « rende l’argent » à l’université Bretagne Sud. Ces pétitions seront prochainement déposées au recteur de l’académie.